Biographie Marie-Louise Berube



Biographie Marie-Louise Berube

À 105 ans, Marie-Louise Bérubé défie le temps

Brigitte Dubé

Général - 31 octobre 2008 Mise à jour à 09:53:15
 

 

Photo: Brigitte Dubé

Marie-Louise Bérubé a toujours l’esprit et l’œil clair.

À 105 ans, Marie-Louise Bérubé de Saint-René défie le temps. Elle se couche tard parfois, adore manger un bon morceau de rôti de porc, est une redoutable adversaire au «bœuf» (cartes), fait son épicerie de temps en temps et ne manque pas un épisode des Feux de l’amour. Elle a même voté pour le Bloc québécois aux dernières élections. Elle a atteint cet âge vénérable, le lundi 27 octobre. Son exceptionnelle longévité, après une vie de travail acharné, en fait un véritable phénomène. Témoin des immenses progrès du 20e siècle, de l’automobile à l’ordinateur, elle a défriché la terre à Saint-Nil et a eu 12 enfants avec son mari Napoléon Dancause. Ce sont: Fernand (décédé), Fernande (Baie-Comeau), les jumeaux Valmond et Raymond (prématurés, ils ont à peine vécu un mois), Valmond (décédé), Bertrand (Saint-René), Jacqueline (Baie-Comeau), Gemma (Chute-aux-Outardes), Arthur (décédé), Léon (Saint-René), Jeannette (Saint-René) et Gertrude (Chute-aux-Outardes). Pionnière de Saint-Nil «Le travail ne tue pas», dit-on. Marie-Louise en est la preuve vivante. Orpheline de mère à trois ans et demi et élevée par la famille Belzile de Saint-Ulric, elle a enseigné en 1922 et 1923 pour ensuite se marier en 1924. Marie-Louise et Napoléon sont demeurés tour à tour à Saint-Ulric et à Saint-Léandre jusqu’en 1935, où ils sont devenus les premiers pionniers de Saint-Nil, avec la famille de Camille Cantin, aujourd’hui âgé de 104 ans. On chuchote que la longévité est un phénomène fréquent chez les anciens de Saint-Nil… «Enceinte ou pas, il fallait bûcher du bois» Napoléon ayant un travail dans un moulin à scie de Saint-René, où il se rendait à pied, Marie-Louise a défriché elle-même, aidée des enfants, le lot que leur avait accordé le gouvernement du Québec, à l’époque de la crise économique. Elle avait déjà huit enfants à son arrivée dans le 13e rang de Saint-Nil et en a eu quatre autres. «Enceinte ou pas, il fallait bûcher du bois, faire le train à l’étable, faire le pain, le savon, coudre les vêtements, tondre les moutons, laver et filer la laine, faire les repas, se débrouiller avec presque rien, sans eau courant ni électricité,» énumère la dame à l’œil clair. Là ou d’autres garderaient un souvenir amer d’années de pain noir, Mme Bérubé Dancause dit quand même avoir de bons souvenirs. «J’ai travaillé dur, mais je me suis fait des amis. C’était beau à Saint-Nil. Nous vivions dans la montagne. Mon mari, c’était un bel homme, gentil, mais sévère. Le plus dur, c’était d’accoucher sans infirmière ni docteur. Au moins, il y avait une sage-femme.» N’ayant aucune intention ou aucun besoin de prendre un repos bien mérité, à l’âge de recevoir sa pension de la Sécurité de la vieillesse, Marie-Louise Bérubé a plutôt décidé d’ouvrir un magasin à Saint-Nil. Quand le village a fermé, en 1969, elle en a ouvert un autre à Saint-René. Elle l’a vendu, bien sûr, mais il existe toujours. Heureuse de vivre dans sa maison Mme Bérubé retire beaucoup de fierté du fait de pouvoir encore vivre dans sa maison. Sa fille Jeannette prend soin d’elle. «Ma famille s’occupe bien de moi, dit la centenaire. Je suis très bien ici et je veux y mourir.» Elle apparaît très sereine vis-à-vis ces questions. «Je vis au jour le jour», dit-elle. À son rythme, elle tient à préparer ses repas, à faire son ménage et son lavage. «Il n’y a pas longtemps, je l’ai surprise en train d’étendre son linge sur la corde, raconte Jeannette. L’an passé, à 104 ans, elle a ramassé ses feuilles mortes! Elle nous étonne. Par exemple, elle n’en démord pas: il faut qu’elle aille à la messe de minuit! Il n’est pas question de lui refuser ça sous prétexte qu’elle va se fatiguer! Elle serait capable d’y aller à pied!» Elle ne manque pas Top modèles Marie-Louise Bérubé occupe ses journées en tricotant des bas et des pantoufles pour les siens. Elle a même inventé un modèle de pantoufles qui ressemble à des sandales. Semble-t-il qu’elle soit la seule à être capable d’en faire. Elle ne manque pas un seul épisode des feuilletons Les Feux de l’amour et Top modèles, à TVA. Une fois par mois, elle se rend à Matane avec sa fille pour régler ses affaires à la banque et tient à faire son épicerie. Le reste du temps, c’est sa fille qui s’en occupe. Elle aime bien s’acheter des «gratteux». On la redoute comme adversaire au «bœuf», un jeu de cartes qui se joue à quatre et demande beaucoup de concentration et d’esprit d’anticipation. Elle a suivi la dernière campagne électorale et a voté pour le Bloc québécois. Le député fédéral Jean-Yves Roy, tout comme le député provincial, Pascal Bérubé, étaient d’ailleurs présents à la grande fête qui a été organisée pour elle le samedi 11 octobre. Elle a même dansé ce soir-là…  

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