Biographie Marie-Alzire Charette



Biographie Marie-Alzire Charette

 

Mathieu Choret
Ancêtre des Choret/Charette d'Amérique



Il semblerait que le patronyme Choret a pris différentes formes au cours des années. Choré serait l'appellation originale et plusieurs formes semblables s'ajoutèrent à cela, soit Choret, Chauret, Chorette, Chaurette, Charette qu'il ne faut cependant pas confondre avec le patronyme Charest qui mène à une lignée complètement différente.

Mathieu Choret (ou Chauret ou Chauré) serait né vers 1624 en France, probablement dans la province de l’Aunis. Son acte de naissance n’a pas été retracé mais la validité de son contrat d’engagement au service des Pères Jésuites passé en 1645 suppose qu’il était majeur à cette date, d’ailleurs le contrat de mariage en 1647 le signale.

La première fois que les documents font mention de sa présence en Nouvelle-France, il se trouve aux Trois-Rivières où il travaille comme domestique ou engagé pour le compte des Jésuites. Comme le colon Antoine Desrosiers, il gagne cent livres par an. Selon les « Relations des Jésuites », il s’y trouve depuis le mois de novembre 1645, remplaçant le colon Pierre Gonthier. Ce dernier était revenu à Québec le 12, ramené par Robert Hache, pour y faire la cuisine «à la place de nos frères qui y avaient trop de peine». Doit-on conclure que Mathieu Choret se trouvait à Québec avant novembre 1645 ? Si oui, est-il arrivé avant la fin de la saison de navigation ou quelques années plus tôt ? Ne séjournait-il pas plutôt dans la région d’Hochelaga ? On sait qu’avant la fin de l’année 1646, il s’embarque à destination de La Rochelle. Robert Hache l’accompagne. Dans cette ville, le 26 février 1647, dans la maison de Pierre Royer devant le notaire Pierre Teuleron, Mathieu Choret s’engage à épouser « Bastienne Veillon », demeurant dans cette ville, «native de Verdille en Poitou, fille de Maixent Veillon et de Bernarde Venet». Leur mariage est célébré le 4 mars suivant dans la paroisse Notre-Dame-de-Cogne, maintenant connue sous le vocable de Sainte-Marguerite de La Rochelle. Le contrat de mariage, découvert par le généalogiste Archange Godbout, identifie les parents du marié qui sont Jeanne Serre et Mathieu Choret. Ce document indique également que Choret demeure «à Montréal en Nouvelle-France». Quant à Pierre Royer et à Robert Hache, le document les qualifie de «bons amis», comme l’est d’ailleurs Daniel Carteron.

Tout indique que Mathieu et Sébastienne quittent le port de La Rochelle au cours des semaines suivantes à destination du Canada où ils s’installent dans la région de Québec. Le 7 juin 1648, le père Paul Lejeune baptise Robert, né à Beauport. Son parrain est Robert Hache. Le 6 mars 1649, le couple obtient une vaste terre de trois arpents «de front sur le grand fleuve de Saint-Laurent de la Nouvelle-France et de quatre lieues de profondeur dans le bois». Cette terre est voisine de la ferme de «bonsecours appartenant aux révérends pères Jésuites du côté de monsieur Giffard».

Obligation est faite au colon d’y bâtir maison au cours de la prochaine année. Les témoins sont parmi les plus connus des pionniers : Jean Juchereau et Nicolas Marsolet. Mathieu Choret, qui ne sait ni lire, ni écrire, appose sa marque au bas du document.

Le 14 août 1650 c’est la naissance de Joseph, ondoyé à Beauport par Robert Giffard. Le 8 septembre suivant l’enfant est tenu sur les fonts baptismaux par Robert Giffard. L’année suivante, le 12 mars, les Relations des Jésuites nous apprennent que la «maison de Mathieu Chourel brûla lorsque lui et sa femme étaient à la messe à Beauport ». Tout est à refaire, mais heureusement les enfants sont saufs. En 1652, le 11 décembre, on assiste à la naissance de Jeanne, baptisée le 12 janvier suivant. Trois ans plus tard, des jumeaux viennent grossir la famille. Nés le 17 janvier 1955, ils seront baptisés à des dates différentes. L’acte de baptême raconte que les deux enfants ont été ondoyés le lendemain, l’un par le père François Le Mercier et l’autre, par le père Pierre Chastellain, en attendant le baptême. Jérôme Lalemant écrit : « l’un des deux enfants fut apporté à cette paroisse (Notre-Dame de Québec) au mois de mars et les cérémonies lui furent supplées par moi et le nom de Pierre lui fut donné et l’autre y fut apporté le 27 août ». Ce deuxième enfant, baptisé par le père Joseph Poncet, reçut le nom d’Ignace. Au mois de novembre 1657, Jean venait au monde. Il était suivi, en 1662, par Pierre qui sera connu sous le nom de Pierre Choret le Jeune.

A part l’incendie de 1651, rien ne devait marquer l’existence de la première génération des Choret en Amérique. Quelques problèmes à propos de l’étendue réelle de la terre de Beauport sont définitivement réglés en 1664. En effet, vu les prétentions de certains propriétaires voisins qui se permettent de gruger à même ce vaste domaine concédé à Mathieu Choret, celui-ci fit tirer de nouveau les lignes de ce terrain. Il reçut quelques jours avant de mourir, soit le 22 février 1664, la décision écrite du Conseil Souverain que l’alignement de sa terre devait être respecté et qu’il restait entièrement propriétaire de toute la terre concédée par les Pères Jésuites en mars 1649. C’est son notaire Paul Vachon qui lui a remis cette décision.

Le 27 mars 1664, Mathieu Choret mourait à l’Hôtel-Dieu de Québec et il était inhumé le lendemain dans le cimetière de cet hôpital. Sébastienne Veillon restait seule avec sept enfants autour d’elle.

Le 9 août 1664, alors que les bans annonçant son mariage prochain avec Pierre Aufroy sont en voie d’être publiés, elle réclame la présence du notaire Paul Vachon et le charge de dresser l’inventaire des biens qu’elle partagera avec ses enfants. Les Choret sont loin d’être démunis. Ils possèdent quelques fusils, des armoires, une batterie de cuisine impressionnante, du bétail et des grains, une maison, une étable et une terre dont le blé n’a pas encore été récolté.

Le 16 août 1664 le Conseil Souverain avait dû régler le litige existant entre le chirurgien Jean Madry et son engagé Pierre Aufroy, le premier s’étant opposé au mariage d’Aufroy et de Sébastienne sous prétexte que son employé lui avait été «distribué par l’ordre du Conseil » et que c’était aux autorités judiciaires du pays de le libérer. Le jour même, Pierre Aufroy était libre d’épouser la veuve et de jouer, pendant quelques années, le rôle de père des enfants Choret. Pierre et Sébastienne se marièrent le 25 août 1664 à Québec, leur contrat de mariage a été fait chez le notaire Paul Vachon.

Sébastienne Veillon était de nouveau veuve à son décès à l’Hôtel-Dieu de Québec. Nous ne savons pas la date exacte, mais elle y était hospitalisée le 25 avril 1690 et avait environ 73 ans.

Les enfants Choret ont fait alliance avec les Paradis, Le Rouge, Loignon, Morrisset, Giroux, Bélanger, Baucher et Baugis. Fait à noter, Pierre l’aîné et Pierre Le Jeune se sont mariés le même jour, soit le 21 janvier 1686, à Beauport.

Source: Frère Jean-Benoit Charette
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