Biographie Mabel-Shirley Burnett



Biographie Mabel-Shirley Burnett

Shirley Murdock – Douce et silencieuse interprète de l’artisanat

(Par Hélène VINCENT) – Progrès Dimanche, le 17 septembre 1972

Si je ne devais accorder à Shirley Murdock qu'une seule appréciation, je dirais qu'elle est la douce et silencieuse interprète de l'artisanat au Saguenay. C'est avec une étonnante simplicité que Shirley nous entretient aujourd'hui sur sa joie de vivre et sa façon intelligente d'occuper ses loisirs.

Q.: Nous vous avons d'abord connue comme peintre, cet art à lequel vous vous êtes longtemps abandonnée vous est venu comment, et pourquoi l'avez-vous ensuite délaissé?

R.: Avant de nous établir définitivement à Laterrière, nous passions nos étés sur les bords du Saguenay. C'est ainsi, qu'éblouie par la beauté majestueuse du Saguenay je tentai de reproduire ce que je voyais. J'installais mon chevalet sur la grève et je peignais des heures durant tout en surveillant les ébats de mes trois jeunes enfants. Si au début j'en retirais beaucoup de satisfaction, jamais je n'ai eu le sentiment d'avoir rendu justice à cette grandiose beauté qu'offrent les différents aspects de notre nature saguenayenne. Me sentant de plus en plus frustrée, je délaissai peu à peu chevalet et pinceaux sans pour cela me désintéresser de cet art que je considère toujours très exigeant.

Q.: On vous a vue ensuite vous intéresser à la poterie, comment avez-vous pris gout à cette forme d'artisanat?

R.: Je crois avoir toujours eu ce penchant pour cet-te forme d'artisanat. L'idée première n'en est toutefois venue grâce à un cours dispensé par te CEGEP de Jonquière par M. Gratien Moisan. Je m'étais inscrite à ce cours afin de parfaire mes connaissances en peinture et en poterie. J'ai donc entrepris l'étude formelle de ces deux formes distinctes d'expression mais la deuxième année du cours, j'ai dû délaisser la peinture pour me consacrer uniquement à la poterie. La poterie devient, bien vite, un métier plutôt qu'un art. Je la concevais comme une façon plus directe et par conséquent moins exigeante de m'exprimer. Si par la suite je devais dépasser le stage de métier, je pourrais accéder à l'art pur, mais dans l'entre-temps, je pourrais créer des pièces quand même très respectables. C'est à la suite de cette distinction que je pus concevoir la différence qui existe entre l'art et l'artisanat. J'aspire à devenir maitre dans cette discipline mais tout en franchissant docilement les étapes.

Q.: Où vous êtes-vous procuré les divers outils nécessaires?

R.: Lors de la fermeture d'une école, il m'a été donné de faire l'acquisition d'un four et des multiples outils nécessaires à cet art. Après m'être ainsi procuré les outils indispensables, je décidai de parfaire mes connaissances à Québec. Ainsi, pendant deux hivers j'accompagnai mon mari durant ses voyages d'affaires.

Q.: Quelles sont les principales étapes dans la fabrication de la poterie?

R.: D'abord vous avez besoin de glaise, matériau peu rare dans notre région. Quant à moi, je préfère acheter la glaise préparée. Il est facile de se procurer de la glaise sous sa forme brute, mais les longues heures de préparation qu'elle nécessite suffisent à justifier l'emploi de la glaise vendue en blocs par divers fournisseurs. L'étape première consiste à pétrir ce bloc d'argile afin de le rendre homogène. Le bloc est ensuite placé sur le tour afin de lui donner sa forme définitive. La pièce est ensuite séchée au four afin d'y subir une première cuisson, appelée .cuisson biscuit. Cette cuisson donnera à l'argile la cohésion nécessaire à l'usage qu'on lui destine. On y saupoudre ensuite une couche de verre en poudre et la pièce est remise au four pour cuisson définitive.

Q.: Combien de temps requiert la fabrication d'une pièce?

R.: Environ une semaine et demi à deux semaines.

Q.: Combien de pièces pouvez-vous produire par semaine?

R.: Difficile à dire car certaines semaines amènent une production massive tandis que d'autres demeurent vaines. Je suis très peu disciplinée et je préfère travailler quand bon me semble.

Q. : Avez-vous déjà songé à donner des cours sur la fabrication de la poterie?

R.: J'aimerais pouvoir m'y consacrer mais les quelques heures dont je dispose ne me le permettent pas. Si je devais donner des cours sur la poterie, je devrais renoncer à en faire moi-même, ce qui me semble inacceptable. Enseigner deviendrait une obligation et il m'est préférable de continuer à produire par gout.

Q.: Songez-vous à industrialiser votre production afin de satisfaire le marché?

R.: Peut-être plus tard... Une forme de coopérative serait souhaitable, mais pour l'instant, je préfère faire cavalier seul. M'attacher à une production régulière m'enlèverait peut-être cette flamme sacrée qui me pousse vers cette forme d'artisanat. Toutefois je ne crois pas qu'une telle industrie puisse être rentable. Les potiers du Québec, doivent, presque tous, faire autre chose afin de rencontrer les fins de mois. Il serait donc très difficile de concevoir une telle entreprise et à mon avis la population n'est pas encore prête à faire vivre cet art.

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