Biographie Jean Caplan



Biographie Jean Caplan

Jean Caplan, fils de l'ancêtre Guillaume

Avant d'élaborer sur le sujet, il faut mentionner qu'aucun document d'archives tel un acte de baptême, un mariage ou un recensement quelconque, permet d'affirmer avec exactitude que Guillaume Capelan a eu un ou des fils. L'histoire lui attribue facilement la naissance de quatre filles; Marguerite, Catherine, Marie-Louise et Madeleine, toutes mariées et mères de familles. Puisque le nom Caplan s'est perpétué dans la Baie-des-Châleurs, nous pouvons croire à l'existence d'un ou de plusieurs descendants mâles. La plupart des chercheurs s'entendent pour dire que Guillaume Caplan, marié à une Amérindienne dont le nom est inconnue, serait le père d'Ambroise et de Jean. J'abonde dans ce sens. Voici ma déduction sur Jean Caplan selon mes recherches dans les répertoires des paroisses, les recensements et autres.

Jean Caplan est inscrit au recensement de 1765 à Ristigouche. Il est marié et a à sa charge deux filles et cinq garçons dont deux sont âgés de plus de 15 ans. Le nom de son épouse est Marie-Anne Dominique, décédée en novembre 1805, à Ristigouche et inhumée à Carleton en 1806, elle est-dite veuve de Jean Caplan. Selon certains, Jean s'était marié en premières noces à une Amérindienne de la nation Mi'Kmaqs dont les nom et prénom sont encore inconnus à ce jour. Le mariage aurait eu lieu vers 1730. On accorde à cette union, deux fils; Jean, né vers 1744, et Alexis, né vers 1745. Si l'année de mariage de Jean et de cette amérindienne se situe vers 1730 et que la naissance de Jean remonte à 1744, il y a quatorze ans qui séparent ces deux événements. On peut donc se poser la question suivante, y a-t-il eu d'autre enfants nés avant 1744? Je crois que oui. Je propose, sans document à l'appui, qu'Antoine, dont nous n'avons aucune trace dans les registres de paroisses, serait le fils de Jean, né du premier mariage. Au recensement de 1765, à Ristigouche, Antoine est marié et père de quatre enfants; 3 filles et un garçon âgé de moins de 15 ans. S'il n'est pas le fils de Jean, il est assurément celui d'Ambroise, le frère aîné de Jean. Selon les informations du recensement de 1765, qui mentionne l'existence de 3 filles et d'un garçon de moins de 15 ans, Antoine serait possiblement né vers 1735, et marié vers 1758. 
 
Voici une liste des enfants possibles nés de Jean Caplan et de ses deux épouses:
1- Antoine, né du premier mariage vers 1735, est marié et père de 4 enfants en 1765. (Incertain)
2- Jean, né du premier mariage vers 1744, marié à Anne Coetene, est présent et chef de famille au recensement de 1765, sous le prénom de Jeannot. Il décède en 1824, à l’âge de 80 ans. Il serait celui qui laissa son nom à la municipalité de Caplan, dans la Baie-des-Chaleurs, et celui de la rivière du même nom (Rivière Jean Caplan dans certains documents)
3- Alexis, né du premier mariage vers 1745, et décédé en 1815, à l’âge de 70 ans, est marié à Marie Goulali.
4- Augustin, né probablement du premier mariage vers 1746, serait l'un des deux fils âgés de plus de 15 ans au recensement de 1765. Il est décédé en décembre 1826, à l’âge de 80 ans. Pas de mariage retracé. L’écart d’âge de 6 ans entre lui et son frère François laisse plutôt croire qu’Augustin est né du premier mariage.
5- François, né du deuxième mariage vers 1752, âgé de moins de 15 ans au recensement de 1765, est décédé en 1822 à l’âge de 70 ans. Il est marié à Marie-Jeanne Pominville (Depontminville) vers 1775.
6- Jean-Baptiste, né vers 1754, âgé de moins de 15 ans au recensement de 1765, serait l’époux de Marie-Anastasie Étienne. 
7- Marie, née vers 1755, décédée en 1813, à l’âge de 58 ans, est mariée à Alexis Vicaire, avant 1890. 
8- Pierre, né vers 1759, décédé vers 1804, serait l’époux d’Angélique Condo (1763-1833).
9- Marguerite, née vers 1765, décédée en 1805 à l’âge de 40 ans, est inhumée le 13 juin 1806, soit le même jour que sa mère, Marie-Anne Dominique. 
10- Catherine, née vers 1766, après le recensement, décédée en 1797, à l’âge de 21 ans, est l’épouse d’Eustache Vicaire.

(Pierre Bérubé, l'auteur)

Il y a une ville et une rivière nommée Caplan, dans la Baie-des-Chaleurs, avec une légende fondatrice entourant un vieil Amérindien nommé John Caplan. [9][10]
Jean Caplan (Junior) est inscrit au recensement de 1765 à Ristigouche. [11]
Antoine Caplan est inscrit au recensement de 1765 à Ristigouche. [12]

Sources
↑ Comeau, Marc-André. « Pêcheur Normand, Famille Métisse : Genése de l’installation d’une famille de pêcheurs, les Mallet de d’Acadie, á la baie des Chaleurs. » Édition française. Publié le 7 septembre 2021. ISBN 978-2897912758. Publié par Septentrion. 287 pages, plus les abréviations, la bibliographie, l’index et la table des matières. p.100 et 101
↑ Comeau, p. 112-121, Chapitre IX, « Le Clan Caplan ».
↑ Mallet, Victorin N, Ph. D. « Evidence de communautes metisses autour de la baie des Chaleurs -- D’hier à aujourd’hui », livre de poche. Édition française. (Shediac Cape N.-B., Victorin N. Mallet, 2016) 470 pages, incluant bibliographie et annexes.
↑ Mallet, p. 391-422, schéma 9.
↑ Jean, Denis, « Ethnogenèse des premières Métis Canadiennes (1603-1763) », (thèse). Déc. 2011, Université de Moncton. Université de recherche de Moncton. 234 pages. Édition française. Édition PDF.

Biographie sur WikiTree
Marc-André Comeau et Mallet avec l’aide de Guitard, prétendent que Guillaume Caplan avait deux fils, John (Jean) et un autre (Ambroise). [1][2],[3],[4] Denis Jean tient compte de la probabilité qu’au moins un descendant mâle continue le pedigree Caplan dans la baie des Chaleurs. [5]


↑ Comeau, p. 117. Le premier fils fut John Caplan, qui épousa une native Marie-Anne Dominique, ...
↑ Mallet, p. 391-422, schéma 9.
↑ Division de la toponymie du Québec. « Caplan, Gaplanji’jg (Municipalité) - Variante autochtone traditionnelle. » [...] « Origine et signification Sur la rive nord de la baie des Chaleurs, en Gaspésie, se trouve la municipalité de Caplan, à l’origine une municipalité de la paroisse de Saint-Charles-de-Caplan, qui est devenue, en 1964, une municipalité de Caplan. » [...] « parfois, on croit qu’il s’agit du nom de famille d’un ancien Amérindien, John Kaplan ou Caplan, qui a longtemps campé à l’embouchure du Caplan » (Consulté le 24 octobre 2021) https://toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/fiche.aspx?no_seq=10458
↑ Wikipédia "Caplan, au Québec, est situé sur la rive sud de la péninsule gaspésienne. [...] La rivière Caplan traverse la municipalité de Caplan, au Québec, et se jette dans la rive nord de la baie des Chaleurs. (Consulté le 24 octobre 2021)

↑ PRDH #412851. Recensement, Ristigouche, Vers 1765
Rang Nom Âge É.m. Pr. Sexe
01 JEAN (Jeannot) CAPLAN --- --- h
Origine : SAUVAGE
ENFANT(S) DE SEXE MASCULIN AGE(S) DE MOINS DE 15 ANS : 1
FEMME(S) : 1
HOMME(S) : 1

↑ PRDH #412854, Recensement, Ristigouche, Vers 1765
Rang Nom Âge É.m. Pr. Sexe
01 JEAN CAPLAN --- --- h
Origine : SAUVAGE
ENFANT(S) DE SEXE FÉMINININ : 2
ENFANT(S) DE SEXE MASCULIN AGE(S) DE MOINS DE 15 ANS : 3
ENFANT(S) DE SEXE MASCULIN AGE(S) DE PLUS DE 15 ANS : 2
FEMME(S) : 1
HOMME(S) : 1
↑ PRDH #412856.
Recensement, Ristigouche, Vers 1765
Rang Nom Âge É.m. Pr. Sexe
01 ANTOINE CAPLAN --- --- h
Origine : SAUVAGE
ENFANT(S) DE SEXE FÉMINININ : 3
ENFANT(S) DE SEXE MASCULIN AGE(S) DE MOINS DE 15 ANS : 1
FEMME(S) : 1
HOMME(S) : 1

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150 ans Caplan

La rivière Jean Caplan

Même si le territoire de Caplan fait partie du territoire ancestral des Mi’gmaq, les traces écrites des membres de cette Première Nation ayant habité à Caplan sont assez minimes. Pourtant, on croise le nom de « Rivière Jean Caplan » dans de nombreux documents d’archives produits à des moments différents dans le temps. Ces traces écrites nous permettent d’affirmer hors de tout doute que le nom du village dérive du nom de famille « Caplan », un patronyme porté par de nombreuses personnes des communautés mi’gmaq de Gesgapegiag et de Listuguj.

En effet, on voit la mention de la « Rivière Jean Caplan » dans plusieurs documents d’archives du début du XIXe siècle :

Dans les journaux de Charles-F. Painchaud datés de 1814, celui-ci note du « beau temps à venir à la rivière de Jean Caplan »;
Dans un acte de baptême de 1826 la jeune Esther Bourdages, son père Frédérick Bordage (sic) est décrit comme « cultivateur à la rivière Jean Caplan »; l’acte figure dans les registres de Carleton;
Le 19 juillet 1829, le petit Sylvestre Ouellet est baptisé; il est le fils de Germain Ouellet, « cultivateur à la rivière à Jean Caplan », et d’une dénommée Sophie (nom de famille illisible). L’acte figure aussi dans les registres de Carleton;
En 1854, dans un acte de transaction foncière signé par le notaire LeBel, il est indiqué que François Garant a un « moulin situé sur la rivière Jean Caplan »;
En 1866, François Garant cède un terrain pour construire une chapelle dans le hameau de Rivière-Caplan en 1866; il est dit « meunier de la rivière Jean Caplan »;
Dans le volume 3 des Sessional Papers de 1867-1868, on mentionne que 3 églises catholiques sont en cours de construction, dont l’une à « Little Bonaventure, otherwise known as Jean Caplan River« ;
Une drôle de mention dans le Directory of federal real property de 1992 note que le bureau de poste de Caplan se trouve au 23, Jean-Caplan Hwy (Highway), c’est-à-dire à son emplacement actuel, au 23, boulevard Perron Ouest. Une erreur? Il s’agit pourtant d’un document fédéral officiel.


Mais quel Jean Caplan?
 
Il est maintenant assez clair que Jean Caplan a donné son nom complet à la localité, qui elle-même dérive de son hydronyme (« Rivière Jean Caplan »). Mais nombreux sont les Jean Caplan ayant existé! En outre, les documents d’archives que nous avons trouvé de la « rivière Jean Caplan » s’échelonnent entre 1814 et 1868. Il faut donc que notre Jean Caplan soit né bien avant 1814, car il occupait déjà les abords de la rivière à cette date – on peut même affirmer sans trop faire d’erreur qu’il devait déjà être adulte en 1814. Mais de quel individu s’agit-il?
 
Déjà, dans le Recensement de la Baye des Chaleurs de 1765, deux Jean Caplan sont notés comme habitants de Listuguj (Ristigouche). Le premier, du nom de Jeannot Caplan, apparaît sans femme, mais avec 2 garçons. Le second Jean Caplan figure avec une femme, ainsi que 5 garçons et deux filles. Les noms de toutes ces personnes sont inconnus. Le livre du Centenaire de Caplan soutient que le Jean Caplan ayant donné son nom à la rivière aurait été inhumé à 80 ans, dans le cimetière de Cascapédia, le 28 août 1824. Nous avons bien trouvé cet acte, mais la corrélation entre ce Jean Caplan et celui « à sa rivière » n’est pas aisée. L’acte ne précise aucun parent, femme ou enfant, rendant notre tâche d’identification un peu plus ardue. S’il a bien 80 ans, il serait né en 1744 et sa naissance est ainsi antérieure à tout registre gaspésien.
 
Au moins 14 couples formés d’un individu nommé « Jean Caplan » se sont mariés et ont eu des enfants antérieurement à 1814. D’autres Jean Caplan, parfois les descendants de ces couples ou d’autres Jean Caplan célibataires, sont aussi des candidats possibles.
 
COUPLE MARIAGE
Jean Caplan et Anne Coetene avant 1788 dans un lieu inconnu;
Jean Caplan et Anne Koueden (un autre!) avant 1804 dans un lieu inconnu
Pierre Caplan et Angélique Condo avant 1785 dans un lieu inconnu
Jean-Baptiste (François) Caplan et Marie-Jeanne Pomminville avant 1799 dans un lieu inconnu
Jean-Pierre Caplan et Félicité Augustin avant 1839 dans un lieu inconnu
Jean-Baptiste Caplan et Marie-Anastasie Étienne avant 1790 dans un lieu inconnu
Jean-Pierre Caplan et Marie Labauve avant 1797 dans un lieu inconnu
Jean Caplan et Marie-Anne Dominique mariés on ne sait quand; Marie-Anne et sa fille Marguerite semblent être inhumées le même jour, soit le 13 juin 1806 à Carleton
Jean-Pierre Caplan et Angélique Condo avant 1785 dans un lieu inconnu
Jean Caplan et Anne (nom de famille inconnu) date et lieu inconnus. Anne est décédée à 60 ans et est inhumée le 26 avril 1809
Jean Pierre Caplan et une dénommée Brigitte (noms de familles variables, tantôt « Masoseh » ou « François ») date et lieu inconnus
Jean-Pierre Caplan marié une première fois à Marie-Susanne Desdames à Carleton le 5 novembre 1812, puis à Jeanne Caplan le 16 novembre 1812, aussi à Carleton
Jean-Baptiste Caplan et Angélique Gagnon mariés on ne sait quand, mais qui font baptiser une fille le 24 février 1815 à Carleton
Jean-Baptiste Caplan et Marie Labove 27 juillet 1819 à Carleton
 
Où se situent tous ces Jean Caplan dans la descendance du premier ancêtre Caplan? Voyons cela de plus près.
 
L’ancêtre de tous les Caplan de la Gaspésie (et qui sont essentiellement Mi’gmaq aujourd’hui) serait Guillaume Capela, un commerçant originaire de Saint-Nicolas-de-la-Grave, en Gascogne, venu faire commerce à Percé. À un moment indéterminé, il épouse une femme d’origine autochtone au nom inconnu dont la signature mitochondriale (haplo-groupe C1c) est reconnue officiellement. Ce couple aura au moins eu 4 filles : Marguerite, Marie-Louise, Madeleine et Catherine. Des trois sœurs Marguerite, Madeleine et Catherine sont issues plusieurs familles pionnières de la Baie-des-Chaleurs : les Larocque, Chapados, Denis, Mallet, Lebrasseur, Huard, Langlois, Delarosbil, Castilloux, Michel et Aspirot, pour ne nommer que celles-ci.
 
Puisque le nom « Caplan » est porté par de nombreuses personnes aujourd’hui, il faut bien qu’il y ait eu un fils à l’origine de la lignée. Il n’est cependant pas aisé d’affirmer une connexion. Selon le chercheur Roger Guitard, un des fils de Guillaume porterait le nom de Jean Caplan; celui-ci aurait marié une femme autochtone inconnue, puis convole en secondes noces avec Marie-Anne Dominique vers 1746. Cette hypothèse est citée par les auteurs Victorin Mallet et Marc-André Comeau. Mais-est-ce le Jean Caplan à l’origine du nom « Rivière de Jean Caplan »?
 
Une autre hypothèse est qu’un des fils de Guillaume soit un dénommé Ambroise. Selon Victorin Mallet, ce dernier aurait eu 6 enfants avec une femme mi’gmaq dont le nom est inconnu, et auraient ensemble eu un garçon du nom de Jean-Pierre. Il est vrai qu’un Ambroise Caplan est présent à Listuguj en 1765. Mais est-il lié à Guillaume Capela? Un autre Ambroise figure dans la base de données du Programme de Recherche en Démographie Historique (PRDH); ce dernier aurait marié avant 1802 Pélagie Louisotte. Mais pas de « Jean » dans sa lignée directe. Enfin, ces hypothèses demeurent avant tout des hypothèses. Il n’est donc pas possible d’aller plus loin pour l’instant, et d’identifier « notre » Jean Caplan, ou plutôt, le Jean Caplan « à sa rivière ».

Une présence mi’gmaq à Caplan

Les Mi’gmaq habitent la Gaspésie depuis des temps immémoriaux. À travers les recensements et les actes de baptêmes, mariages et sépultures, on les retrouve dans presque tous les villages de la Baie. Quant aux Mi’gmaq ayant habité à Caplan, ceux-ci ne sont pas nombreux dans les registres paroissiaux ou civils. Un dénommé Charles Joseph Argumond serait né à Gaspé en 1882 des parents Joseph Argumond et Élizabeth Bujold de Saint-Charles de Caplan. Un an plus tard, un individu portant le même nom décède à Gaspé en 1883. Est-ce le même? Dur à dire, car l’acte mentionne seulement qu’il est le « son of Arguimond » de Caplan.

De même, un site archéologique a été recensé à Caplan. Il s’agit du site DaDj-1 qui est, selon l’archéologue Yves Chrétien, un site autochtone préhistorique indéterminé (12 000 à 450 AA (avant aujourd’hui)), potentiellement utilisé à titre de campement durant le Paléoindien récent. Des éléments de pierre taillée, ainsi qu’un échantillon de charbon de bois, ont été dévoilés lors de fouilles en 2019.

Pour conclure, le mystère demeure tout entier pour l’identification du Jean Caplan à l’origine du toponyme du village et de la rivière. Au mieux, cette petite escale permet de rétablir des vérités historiques liées à l’occupation mi’gmaq du territoire, et de clore le débat sur les hypothèses du nom de Caplan!

 

 

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