Biographie Felix Leclerc



Biographie Felix Leclerc

Félix « le Canadien », écrivain par vocation, chanteur par accident, naît à la Tuque en Mauricie en 1914. Il est le sixième enfant de Léo Leclerc, un robuste pionnier à l'esprit aventurier, qui l'inspirera toute sa vie. Lorsque, ne tenant plus en place, le père emmène sa famille en Abitibi, il envoie Félix étudier à Ottawa, au juniorat du Sacré-Cœur. L'adolescent de 13 ans n'a pas la vocation, et souffre de la discipline stricte du séminaire. Après cinq ans d'études, mais sans son diplôme de rhétorique, il rejoint sa famille, maintenant établie sur une ferme à Sainte-Madeleine, le long du fleuve. Il doit chercher un emploi : la ville ne l'attire pas, mais il n'est pas un agriculteur, malgré son profond attachement à la campagne.

Un peu par hasard, il est engagé comme annonceur de radio à la station CHRC de Québec. C'est l'époque où il achète sa première guitare et écrit quelques chansons, pour s'amuser. Il s'essaie ensuite au travail manuel à la ferme, mais il est peu doué, et accepte un emploi à la station CHLN de Trois-Rivières. Peu à peu, il en vient à se considérer comme un auteur, mais se sent isolé. À Montréal, il cogne en vain plusieurs fois à la porte de Radio-Canada, jusqu'à ce qu'on lui présente le jeune réalisateur Guy Mauffette, qui devient son grand ami, son mentor, son jumeau.

Il s'installe dans la « grande ville » et écrit des textes pour la radio d'État, dont la série « Je me souviens » , de 1941 à 1945, bien accueillie par le public. Mauffette présente Félix au père Legault, fondateur des Compagnons de Saint-Laurent. Il joue la comédie chez lui un temps, mais il préfère l'écriture, et n'aime pas non plus chanter. En 1942, il épouse sa compagne de scène Andrée Vien. Il rencontre l'abbé Albert Tessier, qui lui propose de publier ses nouvelles. Félix n'est pas prêt, mais accepte : les Adagio, Allegro et Andante obtiennent un bon succès public, mais les critiques trouvent sa langue trop québécoise – on est encore bien loin de la mode du joual.

En 1947, les Compagnons jouent une première pièce de Félix,  Maluron. L'année suivante, avec deux amis, il fonde une compagnie éphémère qui joue Le P'tit bonheur. Félix chante toujours un peu, à la radio ou entre amis, mais sa mais sa « voix de beû » ne fait pas fureur.

En 1950, l'imprésario français Jacques Canetti a le coup de foudre pour lui, lui fait enregistrer des 78 tours et l'emmène à Paris, où il chante dans la salle prestigieuse de l'ABC. C'est un succès instantané, et il devient en trois mois une véritable star. Pour les Français, il est le bûcheron, le trappeur, l'homme des bois et des grands espaces vierges. Il obtient le prix du disque Charles-Cros en 1951. Un chanteur seul à la guitare, qui dit « je » et qui s'habille un peu à la diable, c'est nouveau. Lors d'un saut au Québec, il triomphe enfin chez lui. Mais il passe les années suivantes en Europe.

En 1953, il rentre au pays, et tout en chantant ici et là, il écrit. En 1956, sa pièce Sonnez les matines est créée au Rideau Vert, dirigé par sa vieille complice Yvette Brind'amour. En 1958, il joue dans un long métrage sur la colonisation, Les Brûlés. Les années 1960 sont difficiles pour lui : les nouvelles étoiles montantes (Léveillée, Vigneault, Leyrac…) l'éclipsent un peu, il vit de sérieuses difficultés conjugales, son père meurt en 1965. Sa pièce Les Temples est mal reçue. Vers 1967-68, il divorce, rompt avec l'Église et congédie son agent Jacques Canetti. Il retourne vivre à Paris avec la femme qu'il aime, Gaétane Morin.

Son image change en France, et le public applaudit désormais l'homme tout court plutôt que l'homme des bois. Il côtoie les grands noms, Brassens, Devos. En 1970, le Québec lui manque trop, et il y retourne pour vivre à l'île d'Orléans, où il a acheté une terre d'un vieil ami fermier. La Crise d'octtobre le surprend, le choque, l'attriste : c'est son réveil politique. Il écrit la chanson L'Alouette en colère. Désormais, il sera de tous les événements politiques nationaux. Ses prises de position en faveur de l'indépendance diviseront son public. En 1974, il connaît un triomphe sur les plaines d'Abraham aux côtés de Gilles Vigneault et Robert Charlebois – anecdote intéressante, Pierre E. Trudeau les invite à bruncher le lendemain!

Il chante encore beaucoup au Québec et en France, mais supporte de moins en moins bien la séparation avec sa famille. En 1977, il donne son dernier concert en France. Il enregistre un dernier disque, Mon fils, et prend sa retraite à l'île avec femme et enfants. Il écrira toutefois un texte qu'il lira publiquement pour la campagne du oui au référendum de 1980. Ses dernières années s'écoulent paisiblement dans sa campagne bien-aimée. Lorsqu'il disparaît en 1988, c'est un monstre sacré qui s'éteint, le premier chansonnier du Québec, le premier ambassadeur et un poète charismatique.

Par Manon Leroux

Références :
1) BERTIN,Jacques, Félix Leclerc, le roi heureux, Montréal, Boréal Compact, 1988.
2) Encyclopédie du Canada, Montréal, Stanké.

 

 


 

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