Biographie Dorea Gagnon



Biographie Dorea Gagnon

Texte de Francine Belzile tiré du livre du 125e d'Amqui (2014)

Une centenaire : Doréa Gagnon (Belzile)

Le temps semble s’être suspendu au-dessus de maman.

À sa naissance à St-Fabien, rien ne laissait présager qu’elle franchirait la ligne du siècle suivant. Alors qu’octobre 1912 tirait à sa fin, Alphonsine (sa mère) était aux champs, à ramasser les patates lorsque les douleurs typiques de l’accouchement se sont manifestées et ce, deux mois avant terme. Elle les reconnaissait ces douleurs, c’était son 5e  enfant. Étant de très petit poids, c’est non sans inquiétude pour sa survie que les Gagnon ont accueilli la petite Doréa. Mais au gré des petits soins et de la chaleur du fourneau, elle s’est vite remplumée pour devenir une femme énergique et combattante. Baptisée Marie-Christine-Doréa, c’est sous le vocable de Doré qu’elle a vécu sa longue vie.

 

(1) Antoine Gagnon, Alphonsine Fournier, parents de Doréa, (2) Famille Gagnon, 2003. Arrière de g. à d.: Aurore, Odette, Louis, Emmanuel. Avant: Adèle, Doréa, Adrienne, Maria.

 

Les seize enfants de la famille Gagnon étaient reconnus pour leur sens du travail et leur goût du rire et de la fête. Les garçons, renommés pour leurs tours pendables parfois aux dépends de leurs petites sœurs, étaient tout de même leurs grands défenseurs. La famille savait équilibrer loisirs et besogne. Le samedi soir, c’est avec la complicité d’Antoine (leur père) que les jeunesses se rassemblaient dans l’une ou l’autre des maisons du rang pour des veillées de quadrilles. Maman a toujours aimé la danse, même à l’époque où on devait s’en confesser. Rien de surprenant de la voir, encore maintenant, accepter avec enthousiasme une invitation à la valse.

 

Non seulement maman aimait danser mais elle adorait chanter et elle était douée d’une très belle voix de soprano juste et cristalline. Le samedi, pendant le lavage des planchers et du mobilier, nous écoutions l’opéra à la radio. Nous devinions que ces moments-là lui permettaient de s’échapper dans son imaginaire et, qui sait, se voir sur une scène. Les chanteurs à voix lui procurent un véritable plaisir et lorsque l’interprète atteint des notes aigues, elle ne peut réprimer un petit « hishhh » mêlé d’incertitude et de satisfaction. (Doréa et le ténor Claude-Robin Pelletier, 2007)

 

Elle a secondé papa de façon très importante tant sur la ferme que dans l’exploitation du commerce d’équipement de ferme. Malgré une instruction minimale elle a assuré la tenue des livres avec beaucoup de rigueur. Une anecdote qu’il est bon de rappeler nous prouve bien toute la confiance que la clientèle vouait à nos parents. Dans les années 50 et 60, les ventes se faisaient au comptant, mais quand apparût la possibilité de financer les achats, il fallait compléter un contrat et ce, en présence du client. Cela représentait pour Paul-Émile un fameux casse-tête. Il faisait alors signer l’acheteur et rapportait le formulaire à sa Doré qui le complétait et retournait la copie au client. De nos jours, cette façon de faire serait un sujet d’enquête télévisée.

   

 

(1) Paul-Émile, Dorianne, Laurent, Doréa, 1936. (2) Voyage annuel à St-Fabien. Laurent, Paul-Émile, Dorianne, Christian, Francine, Jean, Martin, Doréa, 1953. (3) Récolte des légumes. Doréa, Paul-Émile

 

Qu’est-ce qui la garde jeune ? Elle vous dira : LE TRAVAIL ! Tricoter, tisser, jardiner ! Et c’est avec une infinie patience qu’elle crée ses œuvres d’art. Nos tiroirs regorgent de catalognes, nappes, linges à vaisselle en lin, couvertes, foulards et bas de laine. Chaque membre de son importante descendance, qui compte 8 enfants, 15 petits-enfants, 32 arrière-petits enfants et 5 arrière-arrière-petits enfants a en sa possession au moins une de ses créations.

 

(1) Le legs du tricot. Doréa et sa petite-fille Julie à Martin. (2) Doréa et le métier à tisser. (3) Doréa, en avant plan, avec sa belle-fille, amie et complice, Blanche Ouellet.

 

La présence d’enfants contribue aussi à conserver son cœur jeune. Les poupons ressentent bien son affection et les plus grands se réjouissent de voir cette arrière-grand-mère assise sur ses talons pour jouer avec eux. Oui Doré peut encore le faire, même à 100 ans.

 

(1) Doréa et son arrière-petit-fils Levi à Julie à Martin, 2012. (2) Doréa et son arrière-petit-fils Éloi à Julie à Martin. Au centre, Alban à Marie-Hélène à Martin. Arrière, Yves Bégin, conjoint de Julie à Martin et le petit Levi, 2012. (3) Doréa et son arrière-petit-fils Émile Lagacé à Hélène Simard à Dorianne, 2003.

 

Quant à son visage sans ride, ne cherchez pas de produits dispendieux en pharmacie, elle utilise l’huile à bébé et chacun peut constater que c’est fort efficace.

 

Son jardin lui procure une infusion de jeunesse à chaque printemps. Tôt le matin, avant que le soleil ne se montre trop intense, on l’y retrouve, scrutant d’un œil attentif l’état de la récolte. Les bibittes qui s’y aventurent passent un mauvais quart d’heure. Toute la famille s’accorde pour dire que maman et papa ont récolté les meilleures patates du monde, vous savez, celles qui « fleurissent ».

Aujourd’hui, elle jouit toujours d’une bonne santé physique et intellectuelle malgré qu’elle ait été frappée par un AVC en 2012. Dieu merci, elle s’en est tirée sans séquelles importantes. Suite à cet événement et pour « obéir » à notre insistance, elle a accepté malgré elle, quelques heures d’aide pour le ménage ainsi que la popote roulante trois jours par semaine.

 

Elle tisse, tricote, s’intéresse à la politique et peut s’entretenir au téléphone pendant de longues minutes avec la parenté. Malheureusement, ces dernières années, elle a perdu beaucoup d’amies précieuses, décédées trop jeunes. Nous pensons spécialement à sa belle-fille Blanche qui était pour elle une véritable amie-complice-confidente. (La famille Belzile, par Francine)

 

(1) Blanche Ouellet, Laurent, Huguette Picard, Gilles, Christian, Sue Rodgers, Jean, Fernande Dubé, Martin, Noëlla Barrette. (2) Francine, Dorianne, Lucie et Doréa. (3) Famille Belzile, en 2006. Arrière: Francine, Lucie, Doré, Laurent, Dorianne. Avant: Jean, Martin, Christian, Gilles. (4) Christian et Doré (5) Aline Fournier, Gilles et Doréa. (6) Doréa et Marlène à Gilles. (7) Doréa et Laurent. (8) Doréa et Jean, en 2007. (9) Doréa et Martin, 27 octobre 2012. (10) Doréa en Spider avec Jean, Fernande Dubé et Lucie. 

 

Tiré de la Maison commémorative familiale F O U R N I E R
110, avenue Gaétan-Archambault, Amqui

À la Maison mère des Servantes Notre-Dame Reine-du-clergé, le 10 mai 2017, à l'âge de 104 ans et 6 mois, est décédée madame Doréa Gagnon, épouse de feu monsieur Paul-Émile Belzile. Elle demeurait à Amqui .
Elle était la fille de feu monsieur Antoine Gagnon et de feu madame Alphonsine Fournier.
Madame Gagnon a vu le jour à St-Fabien. Hâtive, elle a fait son arrivée dans ce monde deux mois avant la date initialement prévue au calendrier. Rien ne laissait présager qu’elle franchirait la ligne du siècle suivant. Vigoureuse et s’accrochant à la vie au gré des petits soins et de la chaleur du fourneau, elle s’est vite remplumée pour devenir une femme énergique et combattante. 
Madame Gagnon a toujours aimé la danse, même à l’époque où on devait s’en confesser. Rien de surprenant de l’avoir vu encore ces dernières années, accepter avec enthousiasme une invitation à la valse. Non seulement elle aimait danser, mais elle adorait tout autant chanter, étant douée d’une très belle voix de soprano juste et cristalline. 
Elle a secondé son époux Paul-Émile de façon très importante tant sur la ferme que dans l’exploitation du commerce d’équipement de ferme. Malgré une instruction minimale elle a assuré la tenue des livres avec beaucoup de rigueur.
Le travail est sans aucun doute le secret lié à sa longévité! Tricoter, tisser, jardiner, c’est avec une infinie patience qu’elle créait ses œuvres d’art. La présence des enfants a probablement aussi contribué à conserver son cœur jeune. Les petits comme les plus grands savaient ressentir son affection se réjouissant de voir «cette arrière-grand-maman» assise sur ses talons pour jouer avec eux et ce, malgré ses 100 ans. 
Son jardin lui procurait une infusion de jeunesse à chaque printemps. Les bibittes qui osaient s’y aventurer passaient un mauvais quart d’heure.
Il y a un proverbe russe qui dit que : «Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune», ce qui explique sans doute qu’elle fut inconsciemment si pressée d’arriver dans ce monde. Fort affairée toute sa vie durant, elle a fait avec désinvolture abstraction du temps qui semblait suspendu au-dessus d’elle. Elle quitte après avoir beaucoup appris de la vie et en ayant pris grand soin de livrer à ses proches avant son départ, toutes les belles leçons qui ont garni son bagage avec le temps.
Madame Gagnon laisse dans le deuil ses enfants: Laurent (feu Blanche), Dorianne (feu Bertrand), Gilles (Huguette), Jean (Fernande), Francine, Christian (Sue), Martin (Noëlla), Lucie; ses 15 petits-enfants: ses 32 arrière-petits-enfants: ses 10 arrières arrière-petits-enfants; ses soeurs: Maria et Aurore

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