Généalogie et histoire de la famille: Gagnon

Les Gagnon

Les Gagnons et Belzile: trois frères et un cousin prolifiques -- Pionniers de Chateau-Richer et de Sainte-Famille de l'Ile d'Orleans

Le Perche a donné pas moins de 230 émigrants à la Nouvelle-France. On compte, aujourd'hui, autour de deux millions de descendants d'origine percheronne en Amérique du Nord.

Les Gagnon, comme les Tremblay, viennent de cette région de l'ouest du Bassin parisien. Les Gagnon aussi. Les deux familles ont en commun d'avoir été remarquablement prolifiques. En 1973, on estimait que 63 000 habitants de l'Amérique du Nord portaient le patronyme Gagnon.

L'arbre généalogique des Tremblay a un tronc unique : Pierre Tremblay. Les Gagnon, eux, n'ont pas pris de chance. Ils se sont mis à quatre, trois frères et un cousin, pour assurer leur descendance dans le Nouveau Monde. Mathurin, Jean et Pierre Gagnon ont été parmi les principaux pionniers de Château-Richer, sur la côte de Beaupré. Leur cousin Robert, arrivé quelques années plus tard, a fait sa large part pour le peuplement de l'île d'Orléans, à partir de la paroisse de Sainte-Famille.

Les trois frères Gagnon sont nés sur une ferme dans un petit village appelé La Gagnonnière, dans la forêt du Perche, entre Tourouvre et Ventrouze. Leur père, Pierre Gagnon, était propriétaire de sa terre. Avec sa femme, Renée Roger, ils possédaient en outre une auberge au même endroit, selon le généalogiste Gérard Lebel.

Le couple s'était marié en 1597. Ils eurent sept enfants. En 1640, les trois frères Gagnon passèrent en Nouvelle-France avec leur mère devenue veuve.

À peine arrivés à Québec, les trois frères ouvrent un magasin de 60 pieds de front sur 24 de profondeur, rue Saint-Pierre, dans la basse-ville. Un associé en affaires, Macé Gravel, épousera Marguerite, la fille de la soeur des trois frères.

En 1668, ils vendent leur commerce à Pierre Pellerin et vont s'établir définitivement à Château-Richer, où ils possédaient déjà des terres.

Les trois frères ne se quitteront jamais. Ils vivront sur des terres voisines. Ils seront associés en affaires. Ils sont tous les trois enterrés à Château-Richer. Pour marquer le troisième centenaire de leur arrivée en Nouvelle-France, la Commission des monuments historiques a dévoilé une plaque commémorative sur l'emplacement des terres que les frères Gagnon avaient mises en valeur sur la côte de Beaupré.

Des trois frères, Jean est le premier à fonder un foyer. Quelques mois après son arrivée, il épouse Marguerite Cochon, fille de Jean et de Marguerite Cointerel. De cette union naissent quatre garçons et quatre filles.

Michel Langlois est le généalogiste qui fait référence. Dans son Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, il écrit Cochon pour nommer la famille de Marguerite. Les autres généalogies de Jean Gagnon ont choisi les patronymes Cauchon ou Gauchon pour parler de sa femme et de la mère de ses enfants.

Deux ans plus tard, Pierre unit sa destinée à celle de Vincente Desvarieux, fille de Vincent et Marie Chevalier. Ces derniers sont originaires du pays de Caux, en Normandie. Le couple aura sept fils et trois filles.

On ne perd rien pour attendre avec Mathurin, l'aîné des trois frères Gagnon. Lui-même attendra jusqu'au 30 septembre 1647 avant d'épouser Françoise Goudeau. Le marié a 41 ans bien sonnés et la jeune épousée est âgée d'à peine 12 ans. On peut penser que, comme pour Champlain avec Hélène Boullé, Mathurin dût attendre l'âge légal de 14 ans avant de consommer le mariage.

Ce qui ne les empêchera pas d'avoir 14 enfants, dont 5, il est vrai, décéderont en bas âge.

Robert Prévost, journaliste et passionné de généalogie, a écrit que les trois frères Gagnon avaient déjà 904 descendants au 31 décembre 1729. Jean en avait 418 à lui seul. Ces chiffres proviennent du département de démographie de l'Université de Montréal.

En 1681, un recensement révèlent que Pierre est à la tête d'une exploitation de 40 arpents cultivés et de 22 bêtes à cornes. Il compte sur l'aide de son fils Noël et de quatre domestiques. Mathurin est aussi bien installé. Jean était mort en 1670. Mathurin décédera en 1690, à l'âge de 84 ans. Pierre le suivra dans le lot familial neuf ans plus tard. Il était âgé de 87 ans. La longévité de deux des frères Gagnon était exceptionnelle, à l'époque, en Nouvelle-France.

Les Percherons ont la mémoire longue. En 1960, on accrochait à un mur de l'église de Tourouvre une plaque de marbre sur laquelle on peut lire : " L'an du Seigneur 1640, de la paroisse de Tourouvre, sont partis au Canada Mathurin, Jean et Pierre Gagnon, ancêtres de milliers de descendants. Honneur à ces vaillants pionniers. Je me souviens. "

Le cousin Robert

Cousin propre ou cousin éloigné des trois frères ? Les généalogies des Gagnon se contredisent à se sujet. Ce qui est certain, c'est que Robert Gagnon est né le 1er mars 1628, à Ventrouge, une petite commune de 200 habitants de la région du Perche. Son père s'appelait Jean Gagnon et sa mère, Marie Geffray.

On le retrouve au Canada en 1655. Un an plus tard, le seigneur Charles de Lauzon lui concède une terre de quatre arpents de front à Sainte-Famille de l'île d'Orléans. Selon le recensement de 1667, il possède déjà 15 arpents défrichés et sept bêtes à cornes. Sans cesser de travailler la terre, il louera " une pêche à saumon et autres poissons ", selon Michel Langlois.

Les conditions de son mariage sont originales. Le 3 octobre 1657, il épouse, à Québec, Marie Parenteau, âgée de 16 ans. Marie était une petite protégée de Mme Bourdon et de Mme Daillebout, deux Françaises de la haute société qui gardaient une maison de pension pour jeunes filles abandonnées ou orphelines. Deux jours avant son mariage à Québec, un contrat de mariage avait été signé, à Paris, devant le notaire Audouart. Marie était donc venue à Québec comme " fille à marier ", selon l'expression de Gérard Lebel.

Robert et Marie auront dix enfants. Quatre garçons et deux filles se marieront. Deux filles deviendront religieuses et deux enfants décéderont en bas âge.

Plusieurs descendants de Robert Gagnon et de Marie Parenteau s'établiront sur la Rive Sud du fleuve, à Rivière-Ouelle et à Rimouski principalement. Ils portent depuis le surnom de Belles-Isles ou Belzile.

Robert et Marie ne quitteront jamais leur ferme de Sainte-Famille. Robert y meurt le 2 septembre 1703. Marie le suit deux ans plus tard. Ils sont enterrés au cimetière de Sainte-Famille.

En 1909, le curé de Sainte-Famille, un Gagnon, bien évidemment, inaugure une croix commémorative sur la terre du pionnier. Il y avait de quoi : cette famille avait déjà donné à l'Église 62 prêtres. Ce qui n'avait pas empêché les autres descendants d'essaimer un peu partout et de peupler le pays.

Source: Grandes Familles du Québec, Louis-Guy Lemieux




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