Généalogie et histoire de la famille: Cote

Les Côtés

Jean Côté, l'ancêtre de tous les Côté dont les racines remontent à 300 ans et plus -- Un des premiers colons en Nouvelle-France

Jamais l'île d'Orléans n'avait connu une telle affluence. C'était l'été 1979. L'île aux " quarante-deux milles de choses tranquilles ", comme le chante le poète, fêtait son tricentenaire.

Les organisateurs avaient compté 25 000 visiteurs venus d'un peu partout en Amérique du Nord pour y retrouver le lieu de leurs origines. Parmi ceux-ci, les Côté. Ils n'étaient pas moins de 2000 sur la terre de l'ancêtre de la deuxième génération, Martin, à Saint-Pierre.

En juillet 1992, autant de Côté se sont réunis à Madawaska, à l'extrémité nord du Maine, près de la frontière du Nouveau-Brunswick. Le prétexte était tout trouvé : célébrer, un peu en retard mais tout de même, le 350e anniversaire de l'arrivée des Côté en Amérique du Nord.

Les Côté sont, avec les Bouchard, l'une des seules familles-souches du Québec à ne pas s'appuyer sur une association représentative. Ce qui ne les empêche pas de se réunir nombreux, de façon ponctuelle, pour honorer leur ancêtre commun, Jean Côté, un des premiers colons arrivés en Nouvelle-France.

Les Côté se comptent aujourd'hui par dizaines de milliers en Amérique. Par le nombre et du fait du caractère unique de la source, ils sont les plus sérieux rivaux des Tremblay.

Dans la collection Nos Ancêtres, le généalogiste Jacques Saintonge cite la revue Saguenayensia pour montrer l'importance de cette famille dans le peuplement et le développement du pays : " Ils étaient environ 10 000 à Montréal, en 1976, autant dans la région du Saguenay et presque 8000 à Québec. On en compte aussi plus d'un millier dans chacune des agglomérations de Sherbrooke et d'Ottawa-Hull, de même que dans la vallée du Saint-Maurice. Même à Toronto, quelques centaines de citoyens portant ce nom se sont taillés une place au soleil. " Tous les généalogistes s'entendent pour dire que Jean est le seul ancêtre arrivé de France au XVIIe siècle qui ait fait souche. Les autres ne se pointèrent qu'au siècle suivant.

Jean est donc l'ancêtre de la plupart, sinon de tous les Côté dont les racines en Amérique septentrionale remontent à trois siècles ou davantage.

Les mystères de l'ancêtre

" Nous ignorons la filiation de l'ancêtre ", écrit Michel Langlois dans son Dictionnaire biographique des ancêtres québécois. Il ajoute, laconique : " Nous le croyons cependant venu de la Normandie. "

Un mystère double entoure l'ancêtre des Côté : son origine française et celle de sa femme au Canada, Anne Martin. Nous y reviendrons.

Rappelons qu'après le départ des frères Kirke, en 1632, Québec ne compte plus que six ménages français et cinq coureurs des bois qui vivent le plus souvent dans les villages autochtones.

Robert Giffard se trouve alors en France où il fait du recrutement. Il sait qu'il reviendra en Nouvelle-France. Il cherche des colons pour peupler son nouveau pays et le mettre ainsi à l'abri des corsaires anglais et autres Kirke.

Robert Giffard cherche des colons pour le Nouveau Monde dans la région du Perche. C'est la raison pour laquelle Jacques Saintonge et d'autres prêtent à notre Jean Côté des origines percheronnes.

Robert Giffard revient au pays, en 1634, avec des recrues de choix : Zacharie Cloutier (l'ancêtre des Cloutier d'Amérique), Jean Guyon, Marin Boucher et quelques autres.

Jean Côté était-il du nombre? Michel Langlois et l'historien Benjamin Sulte le font arriver un an plus tard. Toujours est-il que, quelques mois après son arrivée à Québec, il se marie avec Anne Martin en novembre 1635, un peu plus d'un mois avant la mort de Samuel de Champlain, le fondateur.

Le jésuite Charles Lallemant bénit leur union. Les témoins sont Guillaume Couillard et Robert Giffard. Le couple aura huit enfants, cinq garçons et trois filles. Tous les fils s'établiront à l'Île d'Orléans. Ce n'est qu'à la troisième génération que les Côté, déjà nombreux, peupleront massivement l'Île aux Coudres, Montmagny, Lotbinière et d'autres régions du pays.

Jean (le fils) aura la plus nombreuse famille : 12 fils et 8 filles. Jean-Baptiste, le petit-fils de l'ancêtre, sera le premier seigneur de l'Île-Verte. On retrouve rapidement des Côté dans la région de Montréal et jusqu'à Détroit, Michigan.

Mais revenons à Anne Martin. Elle a provoqué, bien involontairement, une querelle de généalogistes.

Dans son Histoire des Canadiens français, Sulte écrit qu'Anne était la fille d'Abraham Martin, celui-là même qui a donné son nom aux Plaines, devenu le grand parc romantique des hauteurs de Québec et appelé aussi, de façon plus prosaïque, le Parc des champs de bataille nationaux.

On sait aujourd'hui que c'est faux, mais on l'a cru longtemps. Saintonge, lui, présente Anne comme la soeur d'Abraham Martin. Il faudra attendre les historiens Marcel Trudel et Michel Langlois pour connaître la vérité vraie. Anne est la fille de Galeran Martin, un veuf qui habite Beauport à la même époque. Son lien de parenté avec Abraham? Mystère et boule de gomme.

Costé devenu Côté

Jean Côté ne va pas loin pour trouver son épouse. Dès son arrivée, Robert Giffard lui concède une terre à Beauport. L'année suivante, le gouverneur Huault de Montmagny lui offre un emplacement d'un arpent de front sur la Grande Allée. Il n'habitera jamais cet endroit. Il possédera, un temps, deux grands terrains à la haute-ville, dont l'un situé à l'endroit exact de la rue du Trésor (la rue des artistes) actuelle. Il revendra ces terrain, l'un à son futur gendre, Pierre Soumandre, et l'autre à Antoine de Boesme, dit Lalime.

C'est à Beauport que Jean Côté vivra le plus clair de son temps et y élèvera sa famille. Sa terre est située entre celle de Zacharie Cloutier et de Noël Langlois, son ami. Il aura aimé ce coin de pays comme un habitant enraciné dès la première génération.

Il y décède même s'il est inhumé à Québec. Son acte de sépulture se lit ainsi : " Lan 1661, le 28 Mars a esté enterré dans l'Église Jean Costé (sic) ancien habitant de ce pays mort le jour précédent en sa maison. " On constate qu'avant d'être un Côté d'Amérique, Jean, l'ancêtre, était un Costé.

Anne lui survivra plus de vingt ans. Elle sera inhumée à Québec, le 4 décembre 1684, à, l'âge d'environ 70 ans.

Sept des huit enfants de l'ancêtre ont fait souche.

On apprend par la revue L'Ancêtre, de la Société de généalogie de Québec, que le nom Côté vient du mot corse " costa " qui désigne un rivage escarpé. Lors de sa venue au Canada, le nom de l'ancêtre Jean s'écrivait indifféremment Costé, Coste et, plus tard, Côté. Il est à l'origine des Lacoste, Cotta et Descoste.

Source: Grandes Familles du Québec, Louis-Guy Lemieux

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