Biographie Theophile Larochelle



Biographie Theophile Larochelle

 90 ANS D'HISTOIRE

 1889            Théophile se prépare à se marier, et cherche un nid où s'établir.  Il n'a pas d'instruction. Il songe à devenir cultivateur comme son père.  Son frère Narcisse est veuf de sa première femme Aurélie Aubin qu'il avait épousée en 1878.  Narcisse, veuf et sans enfant, propose à Théophile de lui échanger les lots qu'il détient à St-Magloire contre son héritage. Il est bien entendu qu'avec les lots, l'échange comprend les bâtiments, les animaux, les instruments aratoires, etc.  Narcisse avait bâti le grand'maison (actuelle), une laiterie près de la route, ainsi qu'une petite grange. Théophile accepte. Le montant de l'héritage ne nous a pas été dévoilé

 1890            Le 11 février, probablement à l'occasion des "jours gras", juste avant le Saint Temps du Carême, Théophile épouse Clara Létourneau, dans l'église de St-Lazare. Théophile a 25 ans et sa jeune épouse en a 19.

 Après la noce, les nouveaux mariés "montent" sur leurs lots à St-Magloire.  Quelqu'un a dit souvent: "Si j'avais été sur la Montagne ce jour-là, je les aurais empêchés de passer". Mais c'était en 1890...

 À St-Magloire, malgré le manque de confort, le nid ne tarde pas à se remplir.

1891            Le 15 février, naissance de Maria.

1892            Le 5 septembre, naissance d'Eugène.

1893            Le 15 décembre, naissance de Célanire.

1895            Le 7 octobre, naissance de Polydore.

1897            Le 24 mai, naissance d'Antoinette.

1899            Le 17 avril, naissance de Clairida.

1900            Après dix ans de ménage, déjà six enfants. On songe à agrandir.  La maison est tout près de la route. On décide donc de la déplacer vers l'ouest pour construire une cuisine, après avoir démoli la laiterie qui servait de garde-manger. Ces travaux ont été exécutés entre 1900 et 1905. Au début, la cuisine n'était habitée que pendant l'été. Durant les autres saisons, elle servait à tout, y compris les boucheries d'avant les Fêtes. Elle fut louée au moins deux printemps aux draveurs de la rivière Noire. Les hommes couchaient sur le plancher du grenier. Edmond Bédard de Ste-Justine faisait la "cookerie" pendant le temps de la drave qui durait environ trois semaines.
Signalons aussi que dans la "sucrerie" on avait aménagé un abri rudimentaire qui comprenait un toit légèrement en pente soutenu par trois murs. Face à cette "cabane" on alimentait les feux abondamment pour faire bouillir l'eau d'érable dans un grand chaudron. Ce chaudron servait aussi à fabriquer le "savon du pays" après les "sucres", au printemps.

 1901            Le 24 novembre, naissance de Ferdinand.

1903            Le 8 novembre, naissance de deux jumaux identiques, Henri et Didace.
 Le 21 décembre, naissance de Gérard.

 1907            Le 26 novembre, décès du petit Ferdinand. Ce fut toute une épreuve.

 Tous les ans, l'automne et le printemps, Théophile devait "descendre" à St-Charles pour refaire les provisions. Avec d'autres habitants de la paroisse, on ramenait en plus des effets personnels, des marchandises pour les magasins. Cet automne-là, Clara et Célaïde, sa belle-soeur, décidèrent d'accompagner Théophile. De St-Charles, Théophile revint seul avec les provisions. Les deux femmes demeurèrent en promenade à St-Lazare. Quand Théophile arriva à la maison, le petit Ferdinand était gravement malade.  Il décéda le lendemain, victime du "groupe", maladie respiratoire très contagieuse.  Le médecin ordonnna l'inhumation immédiate pour éviter tout danger de contagion.  De plus, c'était le samedi et il n'était pasquestion d'attendre jusqu'au lundi.  Quand Clara revint de sapromenade, M. le Curé Armand Proulx eut à consoler une maman éplorée, désespérée, qui voulait même qu'on exhume le corps de l'enfant.  La cousine Mélina, fille de Cyrille, avait pris soin de couper une boucle des cheveux blonds du petit Ferdinand qu'elle aimait tant. Cette boucle, seul souvenir, fut conservée longtemps dans un cadre monté par tante Marie-Laure qui avait ajouté les vers suivants:

"Trop pur pour cette terre,

Le ciel le réclama.

La douleur fut amère

Aux parents qu'il laissa".

 Cette année-là aussi, Maria était pensionnaire au couvent de Pont-Rouge où elle étudiait pour devenir institutrice.

1908            Le 15 octobre. Célanire entra au juvénat des Soeurs de la Charité de St-Louis à Pont-Rouge. Elle avait 14 ans et 10 mois.  Son père dut la "descendre" en voiture jusqu'à la gare de St-Charles d'où elle prit le train pour se rendre à Pont-Rouge.   À St-Charles, Célanire avait le coeur un peu serré.  Elle eut l'idée de retourner à la maison avec son père. Elle repoussa vite la tentation en se disant: "Non, Papa aurait fait ce long voyage pour rien". Quelques minutes après, le train partit, emportant la jeune fille, décidée à se faire religieuse.

 1909            Le 7 janvier. naissance d'Ida.  Le 18 octobre, mariage de Maria avec Joseph Bélanger. Elle a 18 ans et 8 mois et enseigne depuis septembre seulement au Rang du Lac.

1910            Le 29 septembre, Célanire est transférée au juvénat de Plattsburgh, N.Y. 

1911            Le 19 mars, naissance d'Annette. La petite Annette sera choyée par son parrain et sa marraine,  Joseph et Maria, qui finiront par la garder et l'élever. 

1913            Le 26 mai, Théophile reçoit les Lettres Patentes de ses lots après avoir déboursé la somme de trente dollars. Il s'agit: a) du lot 24 dans le "rang Sud-Ouest du chemin Mailloux". 50 acres, b) du lot 24 dans le "rang Sud-Ouest du chemin Mailloux", 50 acres, c) une partie d'un arpent de large pris sur le lot 23 où sont situés les bâtiments, d) du côté est, la moitié du lot 23, e) "la moitié Nord-Est du lot 12 du 4ème rang du cadastre officiel", 50 acres (demi-lot aux "Pointes" de St-Camille). Donc, deux cents acres de terre, avec déjà de "bons morceaux de labour". Les "digues de roche" se multiplient et grossissent chaque année. Théophile "trime dur". Très tôt le matin, il travaille aux champs ou à son abattis. Pour déjeûner, un enfant lui porte une pile de crêpes. Il défriche en montant vers la "sucrerie". Plus haut, c'est moins dangereux pour les gelées hâtives de l'automne, ce qui rend plus
possible la culture du sarrasin.  Comme il est plaisant de cultiver "aux Pointes" où pas une
roche n'arrête la charrue!  Dans la "sucrerie", une belle cabane à sucre a remplacé l'abri
rudimentaire et très inconfortable du début.

Le 8 juin, naissance de Clara.

Le 26 juillet, prise d'habit de Célanire: S. St-Henri.

À la maison. Clara "trime dur" aussi. Plusieurs vêtements sont confectionnés avec la laine des moutons. Tous les printemps, on fabrique la provision de "savon du pays" avec le gras animal conservé congelé depuis les boucheries. Le lin qu'on cultive est récolté, bravé, cardé et tissé. La "sucrerie" fournit le sucre d'érable pour toute l'année. On récolte assez de patates pour "croiser" d'une année à l'autre.  Au tout début, Clara lavait lelinge "au battoir", ensuite elle utilisa une planche à laver en bois avant d'avoir un moulin à laver. Toute la famille a été élevée au bon lait de vache "nature".

 Tous les ans, vers l'automne. des commerçants "montaient" dans le haut du comté pour acheter des animaux. Tous les animaux vendus étaient réunis et ensuite on entreprenait de les conduire "par terre" jusqu'au train à St-Charles. Le train les transportait aux abattoirs de Montréal.  À partir de 1913, plus de cortèges d'animaux vendus, plus besoin non plus de "descendre" à St-Charles pour les provisions car le train se rend maintenant jusqu'à St-Camille. Quel progrès!

 1914            Construction d'une belle grange neuve, sous la direction de l'oncle "Toune" Joseph Létourneau. La grange est assez grande pour hiverner une quinzaine de bêtes à cornes, deux chevaux, quelques porcs, une douzaine de poules.  La bergerie recevra les moutons avant la tonte. L'étable est situé au centre entre la grande tasserie et la bergerie. Au-dessus de l'étable, le fenil reçoit les instruments aratoires pendant l'hiver de même qu'un amas de paille qui servira de litière aux animaux. Sur le fenil également on aménage le "port à grain" avant les battages. Deux pieds d'épais de belle avoine servent de congélateur pour les quartiers de viande durant les mois rudes de l'hiver.  Enfin un hangar pour abriter les voitures d'été a été érigé entre la grange et la maison.

Au printemps de 1914, Polydore a eu les "grandes fièvres". Sur l'ordre du médecin, la maison fut placardée pendant quelque temps. Le grand malade était tenu isolé dans le grenier de la cuisine.

 Entre 1915 et 1920 une suite incroyable d'événements heureux et malheureux se sont succédés.

 1915            Le 9 avril, naissance de Bernadette.

Le 14 juin, mariage d'Eugène avec Alvine Boutin. Il a 22 ans et 9 mois.
Le 20 août, profession religieuse de S. St-Henri.

1916            Le 22 avril, sépulture d'un enfant mort-né d'Eugène et d'Alvine.

Le 14 avril, funérailles d'Alvine. Eugène et Alvine avaient passé l'hiver au chantier. Alvine faisait la cuisine. Déjà enceinte, elle fut atteinte par la "consomption galopante". Elle n'a pu survivre à son premier accouchement.

Le 3 juillet, mariage d'Antoinette (19 ans) avec Alphonse Boutin, frère de la défunte Alvine.

1917            Le 16 avril, second mariage d'Eugène. À Armagh, il épouse Bernadette Brochu. Après les semailles, toute la famille "descend" à St-Lazare pour participer aux festivités organisées à l'occasion des noces d'or des grands parents Létourneau. Ce fut tout un événement. La plupart traversaient la Montagne pour la première fois. En voitures tirées par des chevaux, on partit tôt le matin avec des provisions pour la journée. Dans la montagne, le cortège s'arrêta à l'auge où l'on fit boire les chevaux. Les hommes profitèrent aussi de cette source d'eau fraîche pour réduire le contenu de leur "flas" et prendre une bonne santé.  À St-Lazare. la parenté n'avait rien ménagé pour assurer le succès de la fête. On trouva de la place pour les petits comme pour les grands et les tables étaient bien garnies. On se rappelle même avoir vu un régime de bananes complet. On parle encore de ce voyage, tant il avait marqué tout le monde.

Le 29 août, naissance de Paul-Émile Boutin. Théophile et Clara sont grands parents.

Le 22 septembre, mariage de Polydore avec Olivine Brochu d'Armagh, soeur de Bernadette, Polydore a 21 ans et 11 mois.

Le 18 décembre, décès de Théophile, victime d'un cancer (croit-on) à l'estomac. Le Dr. Desrochers de la Beauce avait diagnostiqué un ulcère à l'estomac deux ans plus tôt. Le manque de médicaments, le travail pénible et sans doute le manque de précautions eurent raison du malade qui s'éteignit avant les Fêtes 1917 à l'âge de 53 ans. Clara restait seule avec encore à la maison, Clairida, les jumeaux, Gérard, Ida, Clara et Bernadette. Annette demeura définitivement chez Maria après le décès de Théophile.

1918            En mars, Clara rend visite à sa petite soeur Marie-Laure, S. St-Ferdinand, au couvent de Bienville. Ida demeure avec les religieuses...

Le 15 juillet, mariage de Clairida avec Jos-Émile Blais de St-Camille. Elle a 19 ans.

Le 27 juillet, naissance de Jos-Aimé chez Eugène-, premier Larochelle de la 91 génération.

Fin aoùt, décès de Jos-Émile Blais à peine six semaines après la noce. Aux funérailles, deux veuves, la mère et la fille, portent une pleureuse. Cela ne s'était jamais vu.

Le 29 août, naissance d'Anne-Marie chez Polydore.

A l'automne la grippe espagnole sévit un peu partout. Sur les recommandations du Dr. Corriveau, les jumeaux. légèrement atteints, prennent un peu de "Gin". Clara a soin de ses malades et de ceux qui sont atteints dans le voisinage. C'est Alphonse Boutin qui est le plus durement frappé. Après avoir pris du mieux, il reprend son ouvrage aux champs mais il est faible et il ne tarde pas à suer. Pour se désaltérer, il commet l'imprudence de boire à même une chaudière d'eau glacée. Sa rechute a failli lui être fatale.

 1919            Le 13 mars, naissance de Rose-Hélène chez Antoinette. Les Boutin demeuraient au coin du rang Ste-Marie.  Départ d'Eugène pour les États.

Le 25 août, second mariage de Clairida. Elle a 20 ans et épouse Philippe Métivier, forgeron de Ste-Sabine.

Le 3 décembre, naissance de Fernande, chez Polvdore.

 1920            Janvier. À Ste-Sabine, Clairida est atteinte par les "grandes fièvres". Pendant un mois, Clara demeure à son chevet pour lui prodiguer des soins. C'est pendant ce temps qu'elle fait la connaissance de Joseph Lamontagne, veuf d'Angélina Dorval.

Le 8 juillet, second mariage de Clara avec Joseph Lamontagne.  Au village, les gens des noces eurent un "léger" contretemps:  la dispense de publication des trois bans n'étant pas arrivée, on dut attendre que Mgr. téléphone à M. le Curé pour permettre le mariage qui eut lieu assez tard dans l'après-midi (après l'Angélus du soir, peut-être). Le magasin d'Adélard Larochelle  (aujourd'hui Yvon Bélanger) servit de salle d'attente où on grignota des biscuits. À la maison, grand'maman Létourneau qui gardait les petites, avait préparé le dîner. C'est le postillon qui l'a prévenue de ce qui se passait. Après la noce, Joseph continua à s'occuper de sa ferme à Ste-Sabine pendant
quelques temps. Ensuite, amenant son jeune fils Damas, il vint demeurer définitivement chez Clara.

 Voici l'extrait du régistre des mariages de St-Magloire qui certifie le mariage de Joseph Lamontagne et de Clara Létourneau:

 Le huit juillet mil neuf cent vingt, vu la dispense de publication de trois bans accordée par Son Eminence le Cardinal Bégin, en date du jour présent, à Joseph Lamontagne, veuf majeur d'Angélina Dorval, de Ste-Sabine. d'une part, et à Clara Létourneau, veuve majeure de Théophile Larochelle, de cette paroisse, d'autre part, ne s'étant découvert aucun empêchement, nous, curé, soussigné, avons requis et reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Léon Lamontagne, frère de l'époux et de Cyrille Larochelle, beau-frère de l'épouse qui, ainsi que l'époux, ont déclaré ne savoir signer. L'épouse a signé avec nous, ainsi que quelques parents et amis, lecture faite.

Clara Létourneau

Joseph Lamontagne (fils)

Rosario Lamontagne

Hénédine Létourneau

Onil Larochelle

Zéphirin Chabot

W. Roy, ptre.

 1921            Tous les ans, après les Fêtes, grand père Létourneau écrivait à ses enfants éloignés pour leur exprimer ses voeux à l'occasion de la nouvelle année. Il terminait son message par la Bénédiction du jour de l'An. Voici le texte intégral de la lettre que Clara reçut en janvier 1921:

 Honfleur 7 janvier 1921

 Bien cher enfant,

 À l'occasion de la nouvelle année je vien vous souhaiter une bonne et sainte année que le bon Dieu vous accorde tous ce que vous désirez dans toute vos entreprise il sont tous venue au jour de l'an à par de Alphonsine tu a peut être su quel a été opéré voilà trois semaine elle va mieux elle ne sort pas encore toute famille se joints à moi pour vous souhaiter une bonne et sainte anné aurevoir que le bon Dieu te bénisse au nom du Père et du fils et du saint esprit aurevoir priez pour moi.

 Ferdinand Létourneau, père

Honfleur

Ida possède et conserve précieusement plusieurs de ces lettres.Celles qu'il adressait à sa fille religieuse, Marie-Laure, se terminaient par la bénédiction écrite en latin et sans faute: "Benedicat vos omnipotens Deus, Pater et Filius et Spiritus Sanctus, Amen".

 1922            Départ de Gérard (17 ans) pour les États.

 1925            Le 8 juillet, mariage de Didace (21 ans et 8 mois) avec Alice Lamontagne, petite-nièce de grand'mère Larochelle (Olive Lamontagne).

 1926            Le 5 juillet, mariage d'Henri (22 ans et 8 mois) avec Alexina Audet de St-Camille. Le mariage a lieu dans la chapelle du couvent parce que l'église vient de brûler. Les nouveaux mariés vont demeurer à la maison avec Joseph et Clara de même que Ida, Clara et Bernadette.

 1927            Départ de Philippe et Clairida pour les États avec Lucieri (6 ans). Henri et Alexina ont failli immigrer aux États aussi un mois après la naissance d'Orési.

 1928            Incendie de la cabane à sucre. Henri en bâtit une autre et profite d'une aubaine pour se procurer un nouvel équipement.

 1929            Pépére et Mémére Lamontagne déménagent chez François Létourneau (voisin). Pépére s'organise un atelier dans la cuisine d'été. Il fabrique des tables, des coffres, des manches de hache, etc. Tout ce qu'il fait est solide comme lui.

 1931            Le 12 août, mariage d'Annette (20 ans) avec Camille Bélanger, frère de "parrain".

 1932            Le 12 juillet, mariage double: Ida avec Georges Guillemette et Clara avec Philippe Marceau.

 1934            Le 10 juillet, mariage de Bernadette (19 ans et 4 mois) avec Albert Carrier.

 Voilà, toute la nichée s'était envolée. Chacun élevait à son tour sa propre famille pour constituer la 9e génération.

 Tous les quatre ans, maintenant, depuis un nouveau règlement de la Communauté, Célanire (S. St-Henri) vient passer quatre jours dans sa famille. Évidemment, elle fait le tour de la parenté; elle est toujours accompagnée d'une autre religieuse. Avec le temps, les religieuses s'organisent pour "s'accompagner" entre parentes. Ainsi Célanire accompagne tante Marie-Laure et vice-versa. De même S. Élisabeth et S. Anne-Marie Larochelle. Les gens des États aussi s'organisent pour venir en même temps. Ce retour "aux sources* fait du bien à tout le monde et donne lieu à de grands rassemblements de famille malgré le temps des foins. 

1937            De retour des États, Philippe et Clairida demeurent quelque temps chez Pépére et Mémére Lamontagne.

 

1939            Pépére et Mémére déménagent au village, chez Philippe et Clairida.

Le 21 mai, décès d'Alice, femme de Didace. Elle est âgée de 37 ans et 10 mois et laisse cinq jeunes enfants.

 1941            Le 6 février, décès d'Alexina, femme d'Henri. Elle est âgée de 36 ans et laisse neuf enfants.  Après les funérailles, Ida et Georges amènent le bébé, Wilfrid âgé de 8 jours; Berthe et Henri Boutin amènent Louisette (2 ans) et Sylviane (4 ans).  Malgré ses 70 ans et souffrant d'asthme depuis déjà quelques années, grand'mère Clara, n'écoutant que son coeur, entreprend de remplacer la maman disparue. Au bout de trois semaines, pour alléger le besogne, Clairida amène Yvette (6 ans).  Pépére Lamontagne réinstalle son atelier où il ne fabrique plus que de solides manches de hache en érable.

 1942            Le 24 juin, décès de Maria âgée de 51 ans.

Durant l'été, Henri effectue de grandes réparations. La maison est soulevée pour reposer sur un beau solage neuf en ciment. La cave est creusée et pavée en ciment. Une fournaise faite avec des barils de métal soudés, entourée de briques fournira désormais assez de chaleur durant les rudes mois d'hiver. Le bois pour le poêle et la fournaise est bien cordé dans la cave de la cuisine.  Quelle commodité! Et quel confort!  Polydore n'a pas du tout
confiance à ce "système" de chauffage assez inusité. 
La grande galerie est refaite au complet. Enfin tout l'extérieur de la maison est revêtu de bardeaux teints en vert et la couverture en bardeaux d'asphalte. Tous ces travaux sont exécutés sous la direction d'Édouard Fournier.

1943            Janvier. Une merveille entre dans la maison: l'électricité!  Durant l'été, Pépére et Méniére prennent un beau mois de congé bien mérité pour aller se promener aux États. C'est Thérèse Audet (aujourd'hui Mme. Paul-Émile Larochelle) qui garde.

 1944            Le 21 octobre, second mariage d'Henri. Il épouse Angéline Aubin de St-Lazare.  Après les noces, Pépére et Mémére vont demeurer avec Annette et Camille au village St-Camille. Nos vénérables vieillards goûteront enfin un repos complet et si bien mérité.

 1945            Pépére et Mémére retournent demeurer chez Philippe et Clairida au village St-Magloire.

 1946            Le 13 février, naissance d'André Larochelle.  André, fils de Paul-Henrl et petit-fils de Polydore, est le premier-né Larochelle de la dixième génération.

1947            Démolition de le vieille grange et construction d'une nouvelle avec un plancher d'étable tout en ciment.  M. Joseph Marceau dirige les travaux.  Une pompe à eau électrique, avec réservoir, installée dans la cave de la maison, distribue l'eau à la maison et à l'étable.

Le 23 juillet, décès d'Eugène quelques heures après son retour de vacances au Québec.  Il était âgé de 54 ans et 10 mois.

1948            Le 3 juillet, mariage d'Orési avec Berthe Garant (institutrice du rang).  Orési et Berthe devi ennent propriétaires de la ferme. Une troisième génération y grandira.

 1950            En mai, Henri achète la maison d'Alphonse Baillargeon (aujourd'hui celle de Paul-Émile Boutin). Pépére et Mémére Lamontagne déménagent chez Henri.

 Mémére aime beaucoup jouer au Charlemagne.

Pépére aime beaucoup raconter ses souvenirs de chantiers.

1952            Le 28 mars, décès de Didace, âgé de 48 ans. Polydore et Annette s'occuperont de sa succession.

 1954            Le 20 novembre, mariage de Gérard (le vieux Gé.) avec Yvonne Guèvremont aux États.

 1957            Sur la fin de l'été et durant l'automne, un gros bélier mécanique ouvre un chemin au "Nordet" pour se rendre directement aux "Pointes de la maison" pour exempter de faire le grand détouir par la route des Pointes. Sur le bord de la rivière, Orési et son beau-frère Léonard Brochu construisent un chalet. 

1958            Le 6 février, décès de Pépére Lamontagne. Le vénérable vieillard s'éteint comme un vieux chêne. Les funérailles ont lieu à St-Magloire et l'inhumation à Ste-Sabine. Il état âgé de 96 ans et 3 mois.

 Au printemps. Henri vend sa maison à Georges (fils de Polydore). Henri et Angéline déménagent à Coaticook.  Grand'mère déménage chez Philippe et Clairida.

Le 27 août, décès de Grand'Mère Larochelle-Lamontagne.  Après quelques semaines d'affaiblissement général, la vénérable aïeule s'éteint à l'âge de 87 ans et 7 mois. Les funérailles ont lieu le samedi précédant la fête du travail. Après les funérailles, toute la famille d'Henri se réunit au chalet d'Orési. On a beaucoup de choses à se dire et à se rappeler. Mémére avait été pour la famille une vraie maman, intéressée à tout et à chacun. Cette réunion de famille a répandu un baume chaleureux et bienfaisant dont chacun avait grand besoin.

Rappelons que tante Célanire apprit la nouvelle du décès de sa mère, sur le bateau qui la ramenait d'un voyage d'un mois en Europe. Aux funérailles, parmi la foule de parents et d'amis venus de partout, il faut mentionner la tante Olivine Létourneau- Beaudoin, ainsi que les oncles "Toune", Joseph et Eugène. Tante Olivine célébrait le jour même, son 89e anniversaire de naissance.

À l'automne, la construction du chalet à Robert est terminée sous la direction de M. Georges Garant, son beau-père.

 1959            Le 25 avril, ordination sacerdotale du Révérend Père Alphonse Larochelle, fils d'Eugène. La cérémonie a lieu à Fall River, Mass. chez les Pères de la Salette. Plusieurs oncles et tantes du Québec assistent à l'ordination et à la première messe du nouveau Père, avec sa famille immédiate.

1963            Le 19 mars, Orési vend la ferme ancestrale à son voisin M. Léonard Lamontagne (arrière-petit-neveu de grand'mère Larochelle, 0live Lamontagiie). Orési réserve au "Nordet" la partie de terrain où sont situés les chalets au bord de la rivière, de même que le chemin qui y conduit.

 Le 24 juin, décès d'Olivine, femme de Polydore, âgée de 67 ans et 8 mois. Les funérailles et l'inhumation ont lieu à St-Magloire.

1965            Juillet: jubilé d'or de vie religieuse de S. St-Henri. La fête commence par une messe solennelle célébrée dans l'église de St-Magloire.  Ensuite, à l'hôtel Laverdière (aujourd'hui magasin de Didace Roy). un souper suivi d'une soirée familiale. Parmi les personnes présentes. on remarque tante Marie-Laure de
même que SS. Anne-Marie et Élisabeth Larochelle (filles de Polydore).

 1966            Juillet: noces d'or d'Alphonse et d'Antoinette Boutin. Toute la parenté se réunit d'abord à l'église de St-Magloire pour la messe ensuite à l'hôtel Nadeau de St-Camille pour le souper et la soirée.

1967            Le 17 mars, décès de Polydore à Coaticook à l'âge de 71 ans et 5 mois. Les funérailles et l'inhumation eurent lieu à St-Magloire.

Le 14 septembre, décès d'Albert Carrier, époux de Bernadette.  Il était âgé de 56 ans. Les funérailles et l'inhumation eurent lieu à St-Magloire.

1968            Le 17 février, décès de Clairida à Lévis. Elle était âgée de 68 ans et 10 mois.  Les funérailles eurent lieu à Lévis et l'inhumation à St-Magloire.

1969            Le 18 août, décès de Philippe Métivier à Lévis, veuf de Clairida.   Il était âgé de 71 ans. Les funérailles eurent lieu à Lévis et l'inhumation à St-Magloire.

 1971            Le 30 avril, naissance d'Éric Larochelle.  Éric, fils d'Yvon, petit-fils de Paul-Henri, arrière-petit-fils de Polydore, est le premier-né Larochelle de la onzième génération.

 1972            Le 15 janvier, décès de "parrain" Joseph Bélanger, veuf de Maria, à St-Camille où ont lieu les funérailles et l'inhumation.  Il était âgé de 87 ans et 4 mois et demeurait chez Camille et  Annette.

 1974            Le 9 janvier, décès de Camille Bélanger, époux d'Annette, à l'âge de 69 ans et 5 mois. Les funérailles et l'inhumation eurent lieu à St-Camille.

 1975            Août: jubilé de diamant de S. St-Henri. Une messe solennelle eut lieu dans l'église de St-Magloire. Tante Marie-Laure, S. St-Ferdinand, accompagne la vénérable jubilaire. Après la messe, le souper fut servi à l'hôtel Nadeau à St-Camille et la soirée familiale eut lieu à la salle paroissiale de St-Camille.

 1976            Le 4 juillet, noces de diamant d'Alphonse et Antoinette Boutin.  Messe solennelle à St-Magloire, souper et soirée à "La Sapinière" d'Armagh.

1977            Le 4 août, décès de Bernadette Brochu, veuve d'Eugène. Elle était âgée de 88 ans.

Le 14 octobre, second mariage d'Annette. Elle épouse Armand Gagnon, veuf d'Annette Tanguay et père de Céline.

1978            Le 16 juillet, jubilé d'argent de S. Ste-Françoise Cabrini.  Louisette Marceau, fille de Clara. Messe solennelle, diner et belle réunion de toute la famille Marceau à Honfleur. Les oncles et tantes ont été invités.

 1979            Le 19 avril, décès de S. St-Henri au couvent de Bienville où elle était retraitée depuis sept ans. De sa famille immédiate, seul Gérard n'a pu assister aux funérailles. Tante Célanire était âgée de 85 ans et 4 mois. Elle aurait célébré en aoùt 1979 le 64e anniversaire de sa profession religieuse. En guise d'hommages à notre chère et regrettée disparue, nous reproduisons ici le texte de l'homélie prononcée à ses funérailles par le célébrant et aumônier du Couvent.

 HOMÉLIE

 Le Seigneur a rappelé à Lui, notre chère Soeur Saint-Henri durant la semaine de Pâques, semaine durant laquelle l'Eglise célèbre la victoire du Christ sur la mort,  gage de notre propre résurrection. Pour le Christ sa mort n'était donc pas un terme, une fin, mais le retour vers son Pire, sa glorification par son Père pour avoir accompli avec amour sa mission. Aussi, durant toute sa vie, a-t-il aspiré à cette "Heure" et pouvait-il dire quelques heures avant es mort "l'heure est venue, pour le Fils de l'homme, d'être glorifié". Jn. 12, 23.

 Comme le Christ, notre Soeur Saint-Henri a essayé d'accomplir avec beaucoup d'amour sa mission d'éducatrice. Durant plus de 50 ans, elle a donné à ses nombreux élèves le meilleur d'elle-même, ouvrant leur intelligence à la connaissance et leur coeur à l'amour de Dieu et du prochain. Ses anciennes gardaient d'elle un souvenir reconnaissant; elles le lui témoignaient par de très fréquentes lettres souvent accompagnées d'offrandes substantielles qu'elle s'empressait de faire parvenir aux missionnaires.

 Aimer fut toujours sa façon de servir.  Vivre pour le Christ, c'était vivre pour ceux et celles que le Christ lui confiait chaque jour, qui vivaient avec elle et qui cherchaient par elle à recevoir du Christ force, courage et foi.

 L'amour de Dieu fut le principe directeur de sa vie, de son action et de sa mort. Elle possédait une réelle compétence en matière d'éducation, mais elle n'en faisait jamais montre.  Elle restait néanmoins toujours prête à aider avec simplicité et humilité quiconque faisait appel à ses connaissances. Elle fut une âme de paix.

 Elle a certes longuement médité et surtout vécu la parole de l'Évangile:

"Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il
reste seul, mais s'il meurt, il porte beaucoup de
fruit:".;

"Si quelqu'un veut me servir qu'il me suive".

 Toute sa vie, elle s'est efforcée de servir le Christ, en le suivant avec amour et joie, en s'efforçant, comme Jean-Baptiste, de disparaitre pour que le Christ grandisse.

 A quoi une vie semblable à la sienne a-t-elle servi?  Seule la foi nous en donne la réponse, car comme nous le dit l'Epitre aux Romains: "Aucun ne vit pour soi-même, comme aucun ne meurt pour soi- même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur".

 La vie comme la mort de celle qui repose devant nous, prend tout son sens et toute sa valeur dans l'amour de Dieu et le service de son prochain.

 Comme elle et avec la grâce de Dieu, préparons-nous, par nos simples actions quotidiennes à donner un sens chrétien et à notre vie et à notre mort.

 Recueillons-nous un instant, prions les uns pour les autres en union avec notre soeur Saint-Henri, qui de là-Haut, participe dans la joie et le bonheur, à notre célébration eucharistique d'ici- bas.

 Père Georges-André Chauret, c.j.m.

 Nous conservons comme relique précieuse les deux petits carnets où elle avait inscrit tous les descendants de ses parents. Nous avons repris ce travail pour le corriger, le compléter et le publier afin que chacun puisse conserver ce souvenir de celle qui a été le "paratonnerre" de toute sa famille.

 Le 27 octobre, 35e anniversaire de mariage d'Henri et d'Angéline. La fête eut lieu au Club des Vingts à Beaumont.  Tous les enfants (9) étaient présents de même que 26 petits- enfants. Étaient présents également, Alphonse et Antoinette Boutin, Georges et Ida Guillemette, Armand et Annette Gagnon, Clara et Bernadette, Philippe Marceau était retenu à la maison par une mauvaise grippe.  C'est Henri et son épouse qui accompagnaient Clara.

 1980            Le 11 février, 90e anniversaire de mariage de Théophile et de Clara Larochelle. La fête a lieu le 12 juillet 1980.

 Le 8 juillet, 60ème anniversaire de mariage de Joseph Lamontagne et de Clara Létourneau-Larochelle. Aussi. 90e anniversaire de naissance de S. St-Ferdinand.

 Le 12 juillet:           

48e anniversaire de mariage de Georges et Ida Guillemette.

48e annniversaire de mariage de Philippe et Clara Marceau.

28e anniversaire de mariage de Conrad et Yvette (fille d'Henri) Marceau.

22e anniversaire de mariage de Gilles (fils de Polydore) et Madeleine Larochelle.

11e anniversaire de naissance de Julie Lavallée, fille de Marguerite (Didace) et de Raymond Lavallée.

Voici les grandes lignes du programme des fêtes du 90e anniversaire de mariage de Théophile et de Clara, le 12 juillet 1980:

9.00 Pique-nique aux "Pointes Larochelle"

16.00 Messe solennelle dans l'église de St-Magloire

18.00 Souper - soirée et réveillon dans la salle de l'école de St-Camille.  Hommages aux heureux et vénérables survivants de Théophile, Clara et Joseph Lamontagne.

 Soeur de Clara: Marie-Laure. S. St-Ferdinand 90 ans S.C.S.L.

 Enfants de Théophile et de Clara:

Antoinette 83 ans et 1 mois

Henri 76 ans et 8 mois

Gérard 74 ans et 6 mois

Ida 71 ans et 6 mois

Annette 69 ans et 4 mois

Clara  67 ans et 1 mois

Bernadette 65 ans et 3 mois

 Enfants de Joseph et d'Angélina Lamontagne:

Damas

Alberta

Joséphine

Marie

Que chacun ajoute ses souvenirs personnels datés en utilisant les pages blanches suivantes.


Robert Larochelle

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