Biographie Jean-Baptiste Dumouchel



Biographie Jean-Baptiste Dumouchel

 



Jean-Baptiste Dumouchel est né le 5 avril 1784, à Sandwich (aujourd'hui Windsor), dans le Haut-Canada. Le père de Jean-Baptiste, Louis-Vital était originaire de Montréal, qu'il quitta pour la région de Détroit, où il se maria et eut douze enfants (Dufour-Dumouchel, 1978: 97). Jean-Baptiste quitte Sandwich à l'âge de 11 ans pour rejoindre son oncle Jean-Baptiste prêtre, à Montréal. Selon Chassé ( 1966: 280), Jean-Baptiste fit des études classiques à Montréal, au collège Saint-Raphaël, alors que Fauteux ( 1950: 232) et David (1981: 98) parlent plutôt du Collège de Montréal. Malgré les aspirations de son oncle, Jean-Baptiste ne poursuit pas ses études en théologie. À la fin de son cours classique il est davantage attiré par le commerce. En 1803, il entre comme commis au service d'Alexis Berthelot, marchand de Sainte-Geneviève où il découvrira sa vocation de marchand. En 1808, il ouvre son propre magasin dans la nouvelle paroisse de Saint-Benoît. La même année il y est rejoint par un de ses frères, Ignace. L'année suivante, il épouse Marie-Victoire Félix, sœur du curé de Saint-Benoît. Jean-Baptiste compte rapidement parmi les notables du village. Le notaire J-J Girouard établit son premier bureau dans le magasin Dumouchel. Girouard devint le beau-frère de Jean-Baptiste en mariant la soeur de Marie-Victoire. Saint-Benoît et ses environs prospèrent, tout comme Jean-Baptiste. Sa valeur fut reconnue par les autorités officielles et par le peuple. En 1812, il marche contre les Américains avec le titre de capitaine de milice du bataillon de la Rivière-du-Chêne, sous les ordres du colonel Raizenne. Au retour de la guerre, Dumouchel s'intéressa aux griefs de ses concitoyens. Il est rapidement considéré comme un des chefs du mouvement de contestation dans Deux-Montagnes.

Jean-Baptiste Dumouchel est reconnu pour sa libéralité, sa bienveillance et son hospitalité généreuse, qui suscitaient le respect et l'amitié de ses concitoyens (La Minerve, 01-04-1844). Dumouchel a commencé à s'impliquer dans le mouvement de contestation en 1827, à la suite des problèmes politiques de la Chambre avec le gouverneur Dalhousie. Il s'implique dès lors activement dans le mouvement des assemblées. Il est membre du premier comité des Deux-Montagnes, chargé de communiquer avec les autres comités et d'organiser la contestations. L'administration de Dalhousie lui retira son poste dans la milice suite à sa participation à ces assemblées. Il sera réhabilité dans ses fonctions au sein de la milice et obtiendra même le poste de major alors que sur le plan civil il occupera celui de juge de Paix.

En 1832, il participe à l'organisation d'une assemblée contre la spéculation sur les terres et leur mode de gestion. Il est membre du comité nommé à la suite d'une assemblée et chargé de veiller aux intérêts canadiens (Dubois, 1937: 51-53). En 1835, il est trésorier de l'Union patriotique de Saint-Benoît formée le 11 juin 1835. L'Union patriotique adopte la ligne dure contre le gouvernement en le qualifiant de corrompu et d'hostile ( La Minerve, 02-07-1835). Jean-Baptiste Dumouchel participe donc à la radicalisation des moyens envisagés par les contestataires. Il est sûrement présent à la grande assemblée du 1er juin 1837 à Sainte-Scholastique. Il y est nommé sur le comité permanent des Deux-Montagnes pour représenter Saint-Benoît. L'administration Gosford lui retire ses titres dans la magistrature civile et dans la milice à cause de sa participation aux assemblées contre les résolutions Russell. Au mois d'octobre 1837, le comité permanent décide de rendre les postes de juge de paix électifs puis fait entériner le vote par l'assemblée du rang Saint-Joachim. Jean-Baptiste Dumouchel retrouve des fonctions similaires à celles qu'il a perdues, mais accordées par le peuple cette fois (Dubois, 1937: 102-103).

Jean-Baptiste Dumouchel est capitaine des insurgés de Saint-Benoît lorsque surviennent les troubles armés (Dubois, 1937: 120). La défaite de Saint-Eustache et l'importance des forces qui se dirigent vers Saint-Benoît décident les insurgés à se rendre. Les chefs, dont Jean-Baptiste Dumouchel, fuient sur la recommandation de leur concitoyens. Jean-Baptiste est arrêté à la côte Saint-Joseph, dénoncé par un homme à qui il avait rendu service (Fauteux, 1950: 232). Il fut conduit à pied à la prison de Montréal où il fut rejoint par deux de ses fils et plusieurs chefs du camp de Saint-Benoît. Il reçut le surnom de "papa" en prison, témoignage de son rôle remarqué auprès de ses compagnons d'infortune (Dufour-Dumouchel, 1978: 101). Il se vit offrir le marché de Durham, mais ses amis s'objectèrent à son sacrifice en raison de son âge avancé. Il fut libéré en juillet 1838 à la suite de l'amnistie générale, mais il est affaiblie. La totalité de ses biens furent réduits en cendres le 15 décembre 1837. La ruine l'attendait à sa sortie de prison; il est alors âgé de 54 ans. Il vit difficilement ses dernières années dans la maladie, la gêne et doit déclarer banqueroute pour finalement s'éteindre à la fin de mars 1844 (La Minerve, 01-04-1844).

Jean-Baptiste Dumouchel fait partie des piliers de la contestation dans le comté de Deux-Montagnes. Il avait des contacts avec plusieurs notables de la région et pouvait compter sur le support de sa famille. Ses trois fils jouèrent un rôle à ses cotés, deux le suivirent en prison, l'autre refusant la solution du recours aux armes. Madame Dumouchel supporta son mari dans ses entreprises en étant elle-même membre des Dames patriotes. Jean-Baptiste Dumouchel est un homme qui joua sa vie pour la cause... il finit par tout y perdre.

Image : http://pages.infinit.net/nh1837/pricon/lcomplet/images/dumouchel.htm

 

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